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LivingWorks Education détient les droits d’auteur du présent document. Le présent document fournit des détails et des références concernant les Faits sur le suicide présentés au début de l'Atelier de formation appliquée en techniques d'intervention face au suicide (ASIST), d’une durée de deux jours. It is grouped into: LivingWorks et les secours d'urgence en situation de suicide| Aspects généraux | Qu’est-ce que c’est? | Histoire | Ampleur | Tendances | Explications | Enjeux sociaux | Groupes | Causes naturelles | Moyens utilisés par les gens pour se blesser | Aide | Espoir
Beaucoup d’intervenants ayant suivi la formation ASIST ont eu l’occasion de mettre leurs compétences en pratique pour aider d’autres personnes.
Les intervenants sont mieux préparés à venir en aide à une personne à risque après avoir suivi l’atelier ASIST. Les récits d’interventions effectuées par suite des ateliers donnés aux quatre coins du monde sont monnaie courante et ont même dans certains cas fait l’objet de reportages dans la presse populaire. Des personnes de toutes les couches de la société ont mis en pratique les compétences acquises dans l’atelier ASIST pour aider une personne suicidaire, qu’il s’agisse d’une mère qui réussit à mettre son fils, étudiant à l’université, en contact avec une ressource d’urgence qui lui sauve la vie, d’un agent de police appelé sur les lieux d’une crise familiale et qui aide un père n’ayant pas la garde de ses enfants à obtenir les soins de santé nécessaires, d’un automobiliste qui décide de s’arrêter pour aider une femme désorientée qui marche au beau milieu d’une rue achalandée, d’une réunion entre amies à la pause-café quotidienne pendant laquelle le besoin de porter secours sans délai à une personne suicidaire se fait sentir, ou d’un passant qui aide à dissuader une personne de sauter en bas du pont. Une étude effectuée auprès de personnes ayant suivi l’atelier ASIST a révélé que 80 % avaient utilisé leurs connaissances pour apporter une aide directe à quelqu’un, comparativement à 47 % avant la tenue de l’atelier.
- Turley and Tanney, LivingWorks Australian Field
Trial Evaluation Report, Lifeline Australia, 1998
Vous suivez présentement le programme d’intervention face au suicide le plus utilisé dans le monde.
Instauré en 1982 à titre d’atelier pilote dans une communauté rurale d’Alberta pour être ensuite étendu à l’ensemble de la province en 1985, l’atelier ASIST est maintenant donné dans d’autres régions du Canada et dans plusieurs pays du monde. Plus de 750 000 personnes ont suivi l’atelier au Canada, en Australie, en Norvège et aux États-Unis, ainsi qu’à d’autres endroits comme Guam, Singapour, Hong Kong, l’Irlande du Nord, Shetland et le nord de la Russie. Il a été démontré que l’utilisation par les divers intervenants de la communauté d’une même approche pour porter secours à une personne suicidaire favorise le réseautage et améliore la continuité des soins pour les personnes à risque. Parce qu’il s’agit d’un programme de formation générale qui convient à tous les aidants quel que soit leur niveau de compétence, le nombre de personnes pouvant bénéficier de l’atelier ASIST dans chaque communauté est très grand.
- LivingWorks Education, 2006
La formation ASIST a pour effet de changer les attitudes, les connaissances et les compétences des intervenants.
L’atelier ASIST a fait l’objet de diverses évaluations au fil des ans dans le cadre de recherches post-universitaires, et a notamment été le sujet de deux thèses de doctorat, d’évaluations indépendantes et d’évaluations subventionnées. Toutes ces études ont montré chez les participants une plus grande aisance, une meilleure habileté et une assurance accrue pour aider une personne à risque. Les personnes qui ont suivi la formation ASIST sont plus susceptibles d’utiliser les techniques reconnues d’intervention en situation de suicide. Elles ont aussi généralement une attitude plus claire face au suicide, elles sont mieux préparées à intervenir, connaissent davantage la méthode d’évaluation du risque de suicide, comprennent mieux le modèle d’intervention, et sont finalement plus disposées à intervenir et plus optimistes de réussir à empêcher un suicide. Les intervenants d’expérience voient l’atelier ASIST comme une «formation revitalisante», un «excellent outil de recyclage» ou «une nouvelle façon de structurer leurs connaissances». L’atelier ASIST fait appel aux principes d’éducation des adultes pour encourager l’action et l’acquisition de nouvelles techniques. La réflexion au sujet des attitudes et des croyances est un premier pas essentiel pour ouvrir l’apprenant à l’utilisation de nouvelles approches et de nouvelles connaissances. Une description détaillée de toutes les évaluations connues de l’atelier ASIST est fournie par LivingWorks sur demande. L’organisme est soucieux d’évaluer constamment le programme afin de continuer à l’améliorer.
- Eggert and others, Gatekeeper training: A selective prevention approach,
Washington State Youth Suicide Prevention Program, Univ. of Washington, 1997,
1999
Il y a un autre atelier de formation ASIST qui se donne en ce moment même quelque part dans le monde.
Plus de 3 500 formateurs présentent l’atelier ASIST à quelque 30 000 personnes par année. Cela représente 29 ateliers par semaine ou quatre ateliers donnés chaque jour de la semaine. Les formateurs locaux se basent sur le contenu normalisé du programme de formation pour réduire les coûts et adapter le programme aux besoins de leur propre milieu. Chaque atelier ASIST vient gonfler le nombre d’aidants «prêts, disposés et habiles» à porter secours à une personne suicidaire.
- LivingWorks Education, 2005
Chaque jour, de nouvelles personnes apprennent à utiliser les techniques de secours d’urgence en situation de suicide.
L’atelier ASIST est un programme de base qui prépare les participants à faire des interventions immédiates ou urgentes auprès d’une personne suicidaire jusqu’à ce que le danger présent soit écarté ou que d’autres ressources d’aide puissent être mises en branle. Ce programme convient aux intervenants de tous les niveaux et de tous les domaines de compétence. On a comparé les techniques de secours d’urgence en cas de suicide au programme de réanimation cardiorespiratoire Heart Saver de l’American Heart Association ou au programme de secourisme d’urgence de l’Ambulance St-Jean. N’importe qui peut apprendre ce qui doit ou peut être fait pour sauver la vie d’une personne à risque de suicide ou d’acte autodestructeur. Avec la présentation d’au moins quatre ateliers ASIST par jour tous les jours de la semaine, c’est 80 nouvelles personnes en moyenne qui apprennent chaque jour de l’année comment porter secours à une personne suicidaire.
- LivingWorks Education, 2003
Les techniques de secours d’urgence en situation de suicide peuvent être utilisées n’importe où.
L’atelier ASIST a été conçu pour les aidants adultes (15 ans et plus) de tous âges et provenant de milieux très variés. Un coup d’oeil rapide à la diversité des personnes qui ont suivi l’atelier atteste de sa grande polyvalence: enseignants, personnes autochtones, employés des services correctionnels (pour les adultes et les jeunes), agents de police, personnel militaire (enrôlé et civil), professionnels en santé mentale, intervenants en protection de l’enfance, bénévoles des services d’aide téléphonique, membres du clergé, intervenants en toxicomanie, étudiants en médecine, travailleurs en milieu rural, personnel des services sociaux, agents de probation et beaucoup d’autres personnes provenant de divers horizons. Non seulement les techniques de secours d’urgence en situation de suicide peuvent être utilisées n’importe où, mais elles peuvent être appliquées par n’importe qui dans n’importe quelle circonstance. De nombreux aidants ont signalé avoir utilisé avec succès ces techniques d’intervention auprès de membres de la famille, d’amis, de voisins ou de collègues de travail suicidaires.
- Ramsay and others, Alberta’s Suicide Prevention
Programs, Suicide and Life-Threatening Behavior, 1990
L’Organisation mondiale de la santé qualifie le suicide de problème de santé publique important.
Selon les chiffres pour l’ensemble de la planète, on estime qu’un million de personnes meurent chaque année par suicide. Cela représente un décès toutes les 40 secondes.
- World Health Organization (WHO), Figures and Facts about Suicide, 1999
Le suicide est un enjeu mondial.
Dans les 105 pays qui transmettent de l’information à l’OMS sur les causes de décès, le suicide figure maintenant parmi les trois principales causes de décès dans le groupe des personnes de 15 à 35 ans. Qualifié jadis de problème majeur dans la population âgée, le suicide est devenu un sujet d’inquiétude prédominant chez les jeunes dans le tiers de tous les pays du monde.
- WHO, Figures and Facts about Suicide, 1999
Certaines des connaissances que nous avons sur le suicide s’appliquent partout dans le monde…
Le suicide est l’option choisie par toutes sortes de personnes parce qu’elles sont tristes, en détresse et, souvent, désespérement en quête d’un moyen de mettre fin à leurs souffrances. Un grand nombre de ces personnes ne voulaient pas mourir. Quelques décès par suicide, ou beaucoup peut-être, pourraient être évités.
- Schmidtke and others, Suicide rates in the world, Archives of Suicide Research,
1999
…mais une connaissance de la situation locale peut être utile.
Les raisons de vouloir vivre et de vouloir mourir sont souvent très semblables d’un endroit à l’autre, mais les méthodes utilisées pour en finir peuvent différer, au même titre que la façon de demander de l’aide varie selon la culture.
- Joseph and others, Evaluation of suicide rates in rural India using verbal
autopsies, 1994-9, British Medical Journal, 2003
Les enquêtes sont une des façons qu’on peut utiliser pour en savoir davantage sur le suicide...
Le fait d’interroger un grand nombre de personnes sur un sujet, si la méthode utilisée est la même dans divers endroits, est un outil de collecte de données appelé sondage ou enquête. Les résultats peuvent servir à tirer des conclusions générales sur un sujet donné. Certaines formules statistiques peuvent être appliquées aux données pour nous aider à déterminer si une conclusion s’applique vraisemblablement au groupe interrogé. Rien n’est jamais sûr à 100 %, à moins d’être une conclusion dénuée d’utilité du genre «tous les répondants à ce sondage étaient des personnes». Les conclusions qui se dégagent de l’enquête vont s’appliquer à une partie du groupe, mais pas à l’ensemble. Dans nos études sur les comportements suicidaires, nous demandons aux gens s’ils songent souvent à se blesser, quelle méthode ils utiliseraient le cas échéant, et quelles sont leurs raisons de vouloir vivre et de vouloir mourir parmi un choix de réponses. Tous ces renseignements nous aident à trouver des explications pour nous aider à mieux comprendre la problématique du suicide chez les groupes semblables à ceux qui ont répondu aux questions du sondage. Ce n’est pas une façon d’en apprendre davantage sur des individus particuliers qui sont à risque de suicide.
- Thomas and others, Thinking life is not worth living: A population survey
of Great Britain, Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 2002
…le fait de parler avec une personne à risque en est une autre.
Le fait d’écouter l’histoire des personnes à risque et de celles qui ont attenté à leur vie et survécu est un autre moyen qui nous aide à mieux comprendre. Ces récits personnels de lutte et parfois de sacrifice nous éveillent à la réalité des souffrances et des expériences humaines. Le sens de la perte, le sentiment d’être complètement seul et pris au piège du passé, le besoin désespéré de faire quelque chose, l’agitation de l’ambivalence et l’incommensurable valeur de l’espoir deviennent tous plus clairs dans ces récits de vie et de mort.
- O’Carrol and others, Interviewing suicide ‘decendents’:
A fourth strategy for risk factor assessments, Suicide and Life-Threatening
Behavior,
2001
Le mot «suicide» a été utilisé pour la première fois au 17e siècle.
En anglais, le terme «self-killing» est un très vieux mot. Les termes grec (hekousios thanatos) et latin (mors voluntaria) décrivaient le geste comme une mort volontaire. «Suicida» a été employé au Moyen-Âge, mais était considéré comme du mauvais latin. L’anglais et d’autres langues modernes ont inventé le mot «suicide» au 17e siècle, tandis que la France a attendu au 18e siècle pour accepter ce mot. Certaines langues n’ont pas encore de mot pour désigner l’acte de se donner soi-même la mort. On l’appelle «la chose idiote» dans au moins une culture où les techniques ASIST sont utilisées.
- Maris, Berman, Silverman, A historical perspective on suicide, Comprehensive
Textbook on Suicidology, 2000
Le mot «suicide» sert à désigner une façon de mourir.
Les coroners ou les médecins légistes ont le devoir d’établir de quelle façon est survenue la mort de chaque personne qui décède. La mort naturelle (la plus commune), l’homicide (la moins répandue), l’accident, le suicide et les causes indéterminées lorsque la cause du décès est difficile à établir, sont les termes acceptés pour certifier la cause des décès.
- Neeleman and Wessely, Changes in classification
of suicide in England and Wales: Time trends and associations with coroners’ professional
backgrounds, Psychological Medicine, 1997
On définit généralement le suicide comme l’acte de «se donner la mort».
Il n’y a pas de définition généralement acceptée du suicide. Il s’agit d’un acte auto-infligé qui entraîne la mort (ou une blessure, dans une tentative de suicide). La difficulté consiste à déterminer si la personne avait réellement l’intention ou le désir de mourir—et elle n’est plus là pour en témoigner elle-même.
- Beautrais, Suicides and serious suicide attempts, Psychological Medicine,
2000
Un grand nombre des personnes qui songent au suicide préféreraient trouver un moyen de vivre.
Heureusement, nous pouvons déclarer en toute confiance que cet énoncé est vrai. Les estimations du nombre de personnes qui se blessent volontairement comparativement à celles qui meurent par suicide sont de l’ordre de 25 à 100 pour 1. Cet écart important dans les données est attribuable aux nombreuses façons différentes de définir un acte d’autodestruction ou une blessure volontaire, et au fait qu’un bon nombre de personnes qui se blessent volontairement ne demandent jamais d’aide ou de traitement. Deux importantes conclusions se dégagent du rapport entre les comportements autodestructeurs et le nombre de décès: 1) La majorité des personnes qui se blessent volontairement n’en meurent pas; et 2) le problème est beaucoup plus répandu que ce que les chiffres ou les taux de mort par suicide ne le laissent croire.
- Moscicki, Gender differences in completed and attempted suicides, Annals
of Epidemiology, 1994
Des suicides sont rapportés dans l’histoire de toutes les sociétés humaines.
De l’antiquité jusqu’à aujourd’hui, dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs jusqu’aux grandes métropoles où la vie bat au rythme de la technologie, des être humains se sont donnés la mort. Dans certains cas, la mort est culturellement acceptée et même escomptée, comme pour les suicides rituels ou les personnes qui «meurent pour la patrie (la tribu, l’honneur, etc.)». Cependant, tous ces décès sont aussi des pertes douloureuses quelles que soient les attentes culturelles.
- Maris, Berman, A historical perspective on suicide, Silverman, Comprehensive
Textbook on Suicidology, 2000
Les suicides continuent de se produire—même si c’est un acte illégal, défendu et puni.
À partir du 5e siècle, le suicide a été considéré par la société occidentale comme un acte contre Dieu et l’État. De terribles châtiments étaient imposés aux survivants et aux défunts—les morts n’avaient pas droit à la sépulture traditionnelle et on se débarrassait des corps comme s’il s’agissait d’un animal. Depuis le 17e siècle, des arguments apparaissent de temps à autre pour justifier ou autoriser le suicide. À partir de la deuxième moitié du 20e siècle, certains pays ont reconnu et accepté que le suicide faisait partie de la condition humaine.
- Maris, Berman, A historical perspective on suicide, Silverman, Comprehensive
Textbook on Suicidology, 2000
Jusqu’à récemment, il était interdit par la loi de tenter de s’enlever la vie.
Le fait de rendre le suicide inacceptable par l’adoption de lois qui en faisaient un acte illégal avait pour but de décourager le suicide. À une époque ancienne, le suicide était puni très sévèrement parce qu’on y voyait un «acte de félonie contre soi» qui, croyait-on, sapait l’autorité religieuse, sociale et judiciaire. Plus récemment, la honte et les stigmates se sont estompés dans certains pays et ces lois ont été largement abandonnées. La plupart des pays continuent cependant d’interdire par la loi d’aider une personne à se suicider ou de lui conseiller le suicide.
- Lester, Guttman, Scaling national laws on suicide, Crisis, 2002
Beaucoup de personnes ayant connu la célébrité sont mortes par suicide.
Tout au long de l’histoire jusqu’à aujourd’hui, de nombreuses célébrités sont mortes par suicide: des artistes, philosophes, poètes, chanteurs, scientifiques, politiciens et soldats. Certaines de ces personnes ne sont devenues célèbres qu’après leur mort. Il est regrettable et triste de penser à la contribution que ces personnes et toutes les autres auraient pu avoir.
- Lester, Encyclopedia of Famous Suicides, 1997
Le suicide fait plus de victimes que tous les conflits armés autour du monde.
Le million de décès par suicide à survenir chaque année dépasse le nombre de victimes faites par tous les nombreux conflits armés du monde entier et, dans bien des endroits, est à peu près équivalent sinon supérieur au nombre de décès causés par les accidents de la route.
- WHO, Figures and Facts about Suicide, 1999
Il y a chaque année dans le monde plus d’un million de personnes qui meurent par suicide—et un nombre beaucoup plus élevé qui tentent de se suicider.
Le taux moyen global de suicide s’établit à 16 par 100 000. L’OMS estime qu’un nombre 10 à 20 fois plus élevé de personnes dans le monde vont faire une tentative de suicide. Selon certaines études menées à l’échelle locale, le nombre de tentatives de suicide pourrait être 40 à 60 fois plus élevé. C’est dans les pays baltes qu’on trouve les plus hauts taux de suicide (plus de 30 par 100 000). En Afrique, dans les Amériques, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental, ce sont les pays insulaires, comme Maurice, Cuba, le Sri Lanka et le Japon, qui affichent les taux de suicide les plus élevés.
- WHO, Figures and Facts about Suicide, 1999
Une personne meurt par suicide toutes les 40 secondes dans le monde.
Un million de décès par suicide chaque année, cela représente un décès toutes les 40 secondes.
- WHO, Figures and Facts about Suicide, 1999
Chaque semaine, environ 3 % des gens songent à mettre fin à leurs jours.
Les pensées suicidaires sont très courantes. C’est là une découverte relativement nouvelle attribuable à des chercheurs d’Australie. Il n’y a pourtant rien d’étonnant dans cette information, à part le fait qu’on ait mis autant de temps à s’en rendre compte. Il est très encourageant cependant de constater que la très grande majorité de ces personnes ne passeront jamais à l’acte même si elles sont à risque. Il semble que le fait d’envisager sérieusement le suicide soit si déplaisant ou bouleversant que les gens finissent par vouloir trouver une meilleure solution.
- Goldney and others, Suicidal ideation and health-related quality of life
in a community, MJA, 2001
Il y a des suicides dans tous les États, dans toutes les provinces et dans tous les pays. Le suicide est responsable chaque année de 2 % de tous les décès.
La société tient un registre des raisons pour lesquelles les gens meurent pour suivre l’évolution des causes de mortalité. La plupart des gouvernements publient ces données. Cette information est souvent utilisée pour la prise des décisions sur les dépenses consacrées aux programmes de prévention. Chacun de ces rapports fait état du nombre de décès par suicide. Il appert que le suicide cause davantage de décès que l’homicide, les maladies du foie ou le sida et, dans bien des endroits, le nombre de personnes qui meurent par suite d’un suicide est à peu près aussi élevé sinon plus que le nombre de personnes tuées dans un accident de la route. Considérant l’ampleur du problème, le phénomène des comportements suicidaires et la prévention du suicide reçoivent très peu d’aide financière des gouvernements ou des autorités en santé publique dans le monde entier.
- WHO, The Injury Chart Book, 2002
Le taux de suicide est une mesure de la fréquence des suicides dans un groupe donné.
Pour comparer le nombre de suicides d’une période à l’autre dans un même groupe ou entre des groupes différents (hommes et femmes, milieu urbain et milieu rural, influence des mois de l’année ou des saisons), il nous faut un instrument de mesure capable d’ajuster le nombre de suicides à la taille du groupe dans lequel les suicides sont survenus. Cet instrument s’appelle le taux de suicide. Il exprime le nombre de personnes qui meurent par suicide dans un groupe donné de même taille au cours de la même période. Dans le cas du suicide, l’étalon de mesure du temps est une année et le nombre total de personnes est 100 000. Ainsi, le taux de suicide = le nombre de décès par suicide x 100 000 ÷ la population totale du groupe. Par exemple, dans une ville de un million d’habitants où on a enregistré 100 décès par suicide dans une période d’une année, le taux de suicide serait de 100 x 100 000 ÷ 1 000 000 = 10 par 100 000. Le «taux par 100 000» est une expression que vous devriez entendre quand il est question de comparaisons.
- Mausner and Bahn, Epidemiology: An introductory
text, 1985
Le taux de suicide fournit un moyen d’établir des comparaisons entre différents groupes.
En tant qu’instrument de mesure, le taux de suicide dans un groupe, lorsqu’il est connu, nous permet d’établir des comparaisons avec d’autres groupes. Cet exercice a pour but d’en apprendre davantage sur d’autres groupes qui pourraient être plus ou moins vulnérables au suicide. C’est ainsi qu’on peut comparer les taux entre l’Australie, le Canada, la Norvège et les États-Unis bien que ces pays aient des populations de taille différente, ou comparer différents groupes d’âge en tenant compte du nombre de suicides et de la taille de chaque groupe.
- Mausner and Bahn, Epidemiology: An introductory text, 1985
Les chiffres officiels sur le suicide ne reflètent pas la situation réelle.
Il y a toujours plus de suicides que ce que rapportent les chiffres officiels. Nous savons qu’un certain nombre de suicides sont pris à tort pour des accidents ou classés parmi les causes de décès indéterminées faute de renseignements suffisants pour classer le décès dans une catégorie précise. Les règles ou les critères utilisés pour classer un décès comme suicide diffèrent largement d’un pays à l’autre. Des études récentes ont démontré une sous-estimation du nombre de décès par suicide de l’ordre de 3 à 24 %, alors que la mesure généralement acceptée de sous-dénombrement est de 10 %. La stigmatisation contribue au sous-dénombrement des cas et à la variation dans les critères.
- Moscicki, Epidemiology of completed and attempted suicide, Clinical Neuroscience
Research, 2001
Certaines noyades sont des suicides déguisés. Les «accidents» de la route sont parfois des tentatives de suicide.
Lorsqu’il y a décès d’une personne dans de telles circonstances, comme un accident impliquant une seule voiture, la possibilité d’un suicide ou d’une mort intentionnelle ne peut être totalement écartée. Il est indéniable que certaines noyades et certains décès dans un accident de la route impliquant un seul véhicule sont «classés par erreur» comme des décès naturels ou accidentels alors que le suicide aurait été la cause plus exacte. Cette thèse est d’ailleurs corroborée par des données provenant de rapports de coroners. La classification erronée de ces décès contribue à la publication de chiffres officiels inférieurs à la réalité. Les études récentes sur le sujet laissent entendre que probablement moins de 5 % des décès survenus dans un véhicule automobile avec un seul passager et moins de 10 % des décès par noyade sont des suicides non détectés.
- Connolly and others, Single road traffic deaths – accident
or suicide?,
Crisis, 1995
Depuis 1975, beaucoup de pays sont aux prises avec une hausse importante de suicides chez les adolescents et les jeunes adultes.
Dans tous les pays qui déclarent leurs taux de suicide à l’Organisation mondiale de la santé, le suicide figure maintenant parmi les trois premières causes de décès chez les jeunes adultes (15 à 35 ans). Jusqu’à récemment, le problème du suicide touchait principalement la population âgée.
- WHO, Facts and Figures about Suicide, 1999
Le suicide est devenu un problème grave chez les jeunes dans un tiers de tous les pays du monde.
Quand on compare les données des années 1950 à celles des années 1990, on constate que le suicide est très répandu chez les jeunes, en chiffres relatifs et absolus, dans le tiers de tous les pays.
- WHO, Facts and Figures about Suicide, 1999
Le suicide demeure une préoccupation de santé importante chez les aînés.
Le suicide a toujours été reconnu comme un sujet de préoccupation important chez les aînés, alors que les taux de suicide augmentent encore plus avec l’âge. La présence d’une maladie physique chronique est un facteur contributif important. Le problème du suicide chez les aînés n’a pas changé, mais a été occulté ces dernières années par la recrudescence de suicides chez les jeunes. Au cours des prochaines décennies, la population âgée est appelée à augmenter en flèche, à vivre plus longtemps et à avoir moins accès aux ressources. Toutes les estimations nous portent à croire que le nombre de suicides augmentera encore davantage dans ces groupes d’âge.
- Chiu and others, Suicide in the elderly, Current Opinion in Psychiatry, 2001
Les taux de suicide n’ont cessé d’augmenter partout dans le monde ces 50 dernières années.
Des données récentes de l’Organisation mondiale de la santé indiquent que les taux de suicide ont grimpé de 10,1 par 100 000 à 16 par 100 000 entre 1950 et 1995, soit une augmentation de presque 60 %. Ces chiffres doivent cependant être interprétés avec une certaine prudence du fait que les pays étaient beaucoup moins nombreux en 1950 qu’en 1995 à publier des statistiques sur le suicide.
- WHO, Facts and Figures about Suicide, 1999
Les faits sur le suicide ne sont pas faciles à expliquer.
La personne qui meurt par suicide n’est plus là pour expliquer son geste. La douleur provoquée par le décès empêche les survivants de comprendre réellement ce qui a pu se passer. Les théories découlant des recherches n’offrent que des hypothèses probables. Elles tentent d’expliquer une décision complexe influencée par de nombreux facteurs contributifs.
- Shneidman, Comprehending Suicide: Landmarks in 20th Century Suicidology,
2001
Il n’y a jamais une seule cause à l’origine du suicide d’une personne.
Le comportement suicidaire est la résultante de nombreux facteurs, regroupés en une multitude de combinaisons différentes. La prédisposition biologique, les facteurs psychologiques personnels et sociaux, les rôles et les relations ainsi que le questionnement sur le sens réel de sa propre vie font partie de ces facteurs.
- Orbach, A taxonomy of factors related to suicidal behavior, Clinical Psychology
Science and Practice, 1997
Les tentatives de suicide se produisent pour toutes sortes de raisons différentes.
Le comportement suicidaire n’est pas un problème isolé mais le résultat d’un ensemble de problèmes qui aboutissent à l’autodestruction ou à la mort. Il n’y a pas de suicide typique, quoique les suicides ne se produisent pas non plus «sans aucune raison».
- Jobes and Mann, Reasons for living versus reasons for dying: Examining the
internal debate of suicide, Suicide and Life-Threatening Behavior, 1999
Il y a beaucoup de choses qui mènent au suicide.
Le suicide est l’aboutissement d’un processus dans la vie d’une personne, un processus fait d’une suite d’expériences et d’événements prédisposants, précipitants et qui vont même jusqu’à se perpétuer. En cours de route, la personne arrive à des carrefours où il y a des choix à faire qui peuvent l’éloigner de la tentation du suicide. Ces choix sont faits dans certains cas par la personne à risque, et parfois par les autres ou même par la société en général.
- Lester, Why People Kill Themselves: A 2000 Summary of Research on Suicide
(4th ed.), 2000
Bien des choses, importantes et banales, peuvent conduire au suicide.
Il est rare qu’un seul événement catastrophique conduise au suicide, bien que cela se produise. Le plus souvent, c’est une accumulation d’événements et d’expériences qui finit par submerger la personne et lui faire perdre sa capacité habituelle de surmonter les épreuves. C’est alors que le suicide peut apparaître comme une option, mais la personne peut aussi choisir la vie, et c’est généralement ce qu’elle fera s’il y a quelqu’un près d’elle pour l’aider à voir plus clair dans ses options.
- Heikkinen and others, Age-related variation in recent life events preceding
suicide, Journal of Nervous and Mental Disease, 1995
Pour bien des gens, le suicide est un moyen d’échapper à la souffrance.
Le suicide n’est généralement pas un moyen de trouver la mort. Le geste lui-même peut conduire à la mort, mais le but visé est d’échapper à une vie que le fardeau de la souffrance et de la douleur a rendue insupportable.
Un grand nombre des personnes qui songent au suicide préféreraient trouver un moyen de vivre.
Les pensées suicidaires font surface quand il n’est plus possible de continuer à mener la vie qu’on mène. Quelque chose doit changer. Une des solutions envisagées est de mettre fin à sa vie, mais il y a aussi une autre solution qui consiste à trouver une autre façon de vivre. La plupart des gens trouvent un autre moyen de s’en sortir. Le suicide n’est pas leur choix premier. Dans une entrevue réalisée avec une personne qui s’était jetée en bas d’un pont très haut, et avait survécu à sa chute, l’homme en question se rappelait avoir pensé en tombant qu’il avait pris la mauvaise décision et qu’en fait, il voulait vivre.
- Malone and others, Protective factors against suicidal acts in major depression:
reasons for living, American Journal of Psychiatry, 2000
Moins d’un suicidé sur 5 laisse une note pour expliquer son geste.
Les personnes qui meurent par suicide laissent rarement des notes écrites ou d’autres messages. Si elles le font, c’est plus souvent pour dire qui doit ou ne doit pas être blâmé pour leur geste que pour fournir des explications sur ce qui les a motivées à passer à l’acte.
- McClelland, A last defence: The negotiation of blame within suicide notes,
2002
La richesse et le succès ne constituent pas une protection contre le suicide.
Cette question est très complexe. À l’échelle internationale, on détient des preuves que les milieux défavorisés sur le plan social ou qui offrent de moins grandes chances de réussite sont associés à des taux de suicide plus élevés. Il est établi par exemple que le taux de suicide est plus élevé chez les ouvriers agricoles que chez les professionnels; que les cols bleus se suicident davantage que les cols blancs, et que les groupes à faible revenu présentent un taux de suicide supérieur aux groupes à revenu plus élevé. Les secteurs occupés par des ménages moins fortunés semblent afficher en moyenne un taux de suicide plus élevé. Cependant les raisons pour lesquelles les gens vivent dans un secteur à faible revenu sont nombreuses, et beaucoup de ces raisons sont elles-mêmes liées au suicide. On peut s’attendre par exemple à ce que les personnes aux prises avec des troubles mentaux graves et chroniques se retrouvent dans des communautés à plus faible revenu. À quel facteur doit-on attribuer le taux de suicide dans ce cas? Au niveau de revenu ou bien à la maladie qui limite la capacité de la personne de gagner sa vie? Nul ne sait lequel de ces facteurs est la plus grande cause. Dans une autre étude récente, on a constaté que la dépression était quatre fois plus répandue dans les milieux pauvres. Lorsqu’un suicide se produit dans un tel milieu, quel facteur en sera la cause? La dépression ou la pauvreté—ou bien une combinaison des deux?
Voilà un exemple de sujet d’étude scientifique beaucoup plus vaste qui considère les mesures sommaires ou mesures d’impact associées à un comportement tel que le suicide comme si elles en étaient une des causes. Les véritables explications peuvent se trouver dans les facteurs qui mènent à la mesure d’impact ou même dans un facteur quelconque commun à la fois aux facteurs sous-jacents et à la mesure d’impact. Des méthodes statistiques très poussées sont nécessaires pour déterminer la contribution relative des différents facteurs. Très peu d’études permettent de tirer des conclusions définitives sur la contribution des facteurs individuels comme la situation économique. Il faudra beaucoup plus de travail pour arriver à comprendre par exemple l’influence de la situation socioéconomique de la personne comparativement aux nombreux autres facteurs associés au suicide.
Dans notre évaluation des facteurs de risque qui sonnent l’alarme d’une possibilité de suicide, la présence de ressources joue un rôle important. Les ressources financières doivent certainement être prises en considération, mais il existe de nombreux services de soutien pour la prévention du suicide qui sont accessibles aux personnes à risque quelle que soit leur situation financière. Il est peut-être vrai que le succès importe davantage que la richesse parce que l’obtention de résultats positifs tend à donner une vision optimiste ou prometteuse de la vie. Mais l’optimisme peut aussi être un trait de personnalité qui caractérise certaines personnes même aux prises avec des «échecs» apparents à répétition. Il semble donc incorrect de tirer des conclusion basées uniquement sur le succès sans connaître l’histoire derrière le succès. Il arrive qu’un premier échec après un enchaînement ininterrompu de réussites mène au suicide parce que la personne n’a jamais eu l’occasion d’acquérir dans sa vie les habiletés nécessaires pour surmonter le malaise ou la détresse provoqués par l’échec. En somme, nous croyons que le prétendu effet protecteur de l’aisance financière ou de l’influence sociale contre le suicide est une proposition dictée par la culture et non fondée. Il y a des familles (trop de familles) riches et influentes qui ont perdu certains des leurs à cause du suicide, comme dans tout autre milieu et toute autre couche de la société.
- Hawton and others, The influence of the economic and social environment on
deliberate self-harm and suicide, Psychological Medicine, 2001
Les personnes qui ont des ennuis avec la justice peuvent être plus à risque que les autres.
Le suicide est la cause première de décès dans les prisons et les établissements correctionnels. Les suicides surviennent le plus fréquemment en prison ou dans un centre de détention provisoire—le premier point de contact avec la justice et le système judiciaire pour les contrevenants. Le suicide peut être relié aux sentiments personnels de honte et de déception associés au fait d’avoir enfreint la loi tout autant qu’à des caractéristiques de l’établissement lui-même. Le suicide en prison est un problème de taille dans presque toutes les communautés. L’importance de ce facteur de stress est mise en relief dans une étude réalisée en Alberta, où 14 % des suicidés dans une année donnée étaient en contact actif avec la justice ou le système judiciaire au moment de leur décès ou dans la période précédant leur décès. Le nombre de décès par suicide chez les personnes ayant été témoins ou victimes d’activités criminelles était encore plus troublant.
- Bonner, Correctional suicide in the year 2000 and beyond, Suicide and Life-Threatening
Behavior, 2000
Des hausses du taux de suicide ont été constatées aussi bien dans les périodes de difficultés économiques que de prospérité.
Il peut être très tentant de proposer des explications fondées sur de simples associations des données «dures» ou numériques à notre disposition, mais ces explications seraient d’une utilité limitée pour nous aider à comprendre pourquoi les gens se suicident. Par exemple, les données historiques montrent que de nombreux pays ont enregistré une hausse considérable du taux de suicide chez les hommes, jusqu’à 108 % dans certains cas, pendant la Crise des années 30. Cette constatation a donné lieu à une croyance voulant que l’adversité ait tué les membres les plus faibles de la société, une sorte d’explication (ou de rationalisation plutôt) du principe de «survie des plus forts». Mais en dépit de ces hausses de suicides, la majorité des gens confrontés aux difficultés matérielles de l’époque n’ont pas mis fin à leurs jours pour autant. Toute tentative d’explication doit donc faire appel à d’autres facteurs en plus de l’économie en difficulté. Fait à noter, l’augmentation observée dans les années 1930 est relative aux décennies précédentes et suivantes, au cours desquelles se sont produits deux conflits mondiaux, des événements connus pour faire baisser le taux de suicide. La hausse de suicides notée dans les années 1930 n’était peut-être en fait qu’une mesure réelle du taux de suicide dans la population en temps normal.
Les périodes de prospérité économique indiquées par les indices de santé financière d’une économie tout entière peuvent avoir peu d’effets sur certaines villes et communautés qui nagent en plein marasme économique au milieu de ces temps prospères. Les regains de l’économie sont souvent réalisés au prix du délaissement d’anciennes communautés qui vivent d’industries âgées et dépassées. Ce phénomène était particulièrement évident pendant les années 1990, une période de grande effervescence dans le secteur industriel tandis que les exploitations agricoles étaient de plus en plus en faillite et laissées à l’abandon.
Lorsque des événements économiques favorables peuvent être isolés, il n’est pas rare de constater dans les nouveaux quartiers aisés avoisinants d’importants problèmes de suicide chez les jeunes et les conjoints à la maison. La fréquence accrue de suicides parmi les gagnants de gros lots à la loterie est un autre fait largement méconnu.
- Yang and others, Suicide and unemployment: Predicting the smoothed trend
and yearly fluctuations, The Journal of Socio-Economics, 1992
Les taux de suicide sont plus élevés chez les sans-emploi.
Même si certaines études présentent des conclusions mixtes, les tendances à la hausse du chômage dans un pays sont statistiquement associées à une augmentation des suicides. Le chômage forcé est souvent signe de perte ou de modification des ressources tant financières que sociales. Les suicides chez les sans-emploi sont observés à deux moments: immédiatement après la perte d’emploi—en raison du stress causé par la honte et l’adaptation—et beaucoup plus tard quand les ressources sont épuisées et que l’espoir disparaît. La corrélation positive entre le chômage et le suicide est souvent plus forte chez les hommes que chez les femmes. Le chômage représente un stress qui peut signifier pour la personne une perte d’estime de soi, et qui peut entraîner des conséquences personnelles comme la dépression et le désespoir.
- Kposowa, Unemployment and suicide, Psychological Medicine, 2001
Le fait de travailler comme aidant ou intervenant ne protège pas contre le suicide.
Certaines occupations présentent un risque de suicide plus élevé que d’autres, mais pour des raisons différentes. Les médecins, pharmaciens et dentistes, parce qu’ils connaissent bien les médicaments et produits chimiques mortels et y ont accès, sont associés à un risque de suicide élevé. Les psychiatres et les membres du corps policier semblent aussi présenter un taux de suicide plus élevé, tout comme les femmes médecins. Plusieurs explications ont été proposées, et qui tournaient principalement autour de l’isolement personnel auquel sont exposés les gens qui occupent ce genre d’emplois. D’autres ont prétendu que les emplois axés sur le service aux autres sont plus susceptibles de présenter un risque à cause du niveau de stress intolérable provoqué par le manque de contrôle sur le comportement d’autrui combiné au sentiment de responsabilité à l’égard de ce comportement. Peu importe la véritable raison cependant, le rôle d’aidant ou d’intervenant n’offre aucune immunité ni protection particulière contre le suicide.
- Boxer and others, Suicide and occupation: A review of the literature. Journal
of Occupational and Environmental Medicine, 1995
Nul n’est à l’abri du suicide du fait de son appartenance à une religion en particulier.
Depuis le début de l’ère moderne, les études sur le suicide font état de l’effet protecteur de l’appartenance à un groupe religieux. Le sentiment d’appartenance à un groupe, ainsi que la foi elle-même, offrent de l’espoir et une confiance dans l’avenir, deux antidotes contre le suicide. Il n’existe aucune preuve qu’une croyance ou un groupe religieux en particulier puisse offrir une protection individuelle meilleure qu’une autre, quoique certaines données récentes selon les pays indiquent que les hommes en particulier seraient protégés du fait de leur appartenance à une religion. Des données plus anciennes indiquaient un taux de suicide inférieur dans les pays occupés majoritairement par une population catholique romaine, mais comme elles étaient faussées par les croyances politiques et sociales de l’époque, il y a peu de chances que les décès par suicide furent correctement étiquetés ou identifiés. La sous-déclaration du nombre de suicides dans les nations catholiques est aujourd’hui un phénomène largement reconnu.
D’autres données laissaient entendre que les personnes de foi juive étaient moins portées à se suicider. Aujourd’hui, on attribue bien davantage ce constat aux liens sociaux et culturels étroits de la communauté juive qu’à toute pratique ou croyance religieuse particulière. Tous ces prétendus effets de la religion sur la réduction du taux de suicide sont finalement minimes.
- Kelleher and others, Religious sanctions and rates of suicide worldwide,
Crisis, 1998
Beaucoup de choses peuvent accroître le risque de suicide et la probabilité de gestes autodestructeurs. Les facteurs associés aux comportements suicidaires ont pour la plupart été reconnus et désignés dans les études de recherche. Le fait d’associer certains facteurs au suicide ne signifie pas qu’une personne ayant fait l’expérience d’un des facteurs en question deviendra nécessairement une personne à risque. Cela veut dire cependant qu’elle fait partie d’un groupe de personnes plus «vulnérables» ou plus à risque qu’une personne n’ayant jamais vécu cette expérience. Il n’existe aucun facteur de risque associé au suicide permettant de conclure à tout coup que chaque personne répondant à ce facteur devient automatiquement une personne à risque. Si l’association entre les deux événements était si forte, le facteur constituerait en fait un excellent prédicteur de comportement suicidaire. Une des raisons permettant d’expliquer l’absence totale de prédicteurs parfaits est que la capacité d’adaptation, le choix personnel et la volonté de demander de l’aide sont tous des éléments importants à prendre en considération pour estimer dans quelle mesure un événement ou une expérience prédispose une personne au suicide.
Dans tous les pays, le suicide est devenu une des principales causes de décès chez les jeunes adultes.
Dans tous les pays qui transmettent des données sur le suicide à l’Organisation mondiale de la santé, le suicide fait maintenant partie des trois principales causes de décès chez les jeunes adultes (personnes de 15 à 35 ans). Ce qui était jadis un problème surtout associé aux personnes âgées est maintenant très répandu parmi les jeunes dans le tiers de tous les pays.
- WHO, Facts and Figures about Suicide, 1999
Les gais et les lesbiennes peuvent être plus à risque que les autres.
Ce sujet fait l’objet de controverses depuis un certain temps. Il y a de nombreuses limites méthodologiques associées à la collecte de données sur le sujet en raison de l’absence quasi-totale de questions sur l’orientation sexuelle dans les sondages démographiques et de l’impossibilité d’extraire des données sur l’orientation sexuelle dans les registres de décès. Selon les résultats des recherches, les taux d’idéations suicidaires et de tentatives de suicide déclarées par les gais, les lesbiennes et les bisexuels, les hommes gais plus particulièrement, sont toujours sensiblement plus élevés, d’où l’hypothèse que le taux de suicide parmi ce groupe soit plus élevé que parmi la population hétérosexuelle. Autant les critiques que les partisans de cette thèse ont présenté à tort ces spéculations sur les taux de suicide comme des faits, ce qui a amplifié les doutes sur la validité des conclusions tirées par toutes ces recherches. Les plus récentes études de recherche, basées sur des méthodes d’échantillonnage plus représentatives et une analyse plus rigoureuse des données, confirment cependant les résultats antérieurs voulant que les membres de ce groupe soient considérablement plus à risque que leurs homologues hétérosexuels. L’information notée dans les registres de décès sur l’orientation sexuelle est encore trop limitée pour permettre d’établir des comparaisons directes au sujet du taux de suicide. En conséquence, cette conclusion demeure spéculative et non factuelle.
- Russell, Sexual minority youth and suicide risk, American Behavioral Scientist,
2003
Des enfants d’à peine 4 ans sont morts par suicide.
Ce fait troublant découle de données sur les empoisonnements accidentels, de certains rapports sur des cas d’enfants qui se sont blessés intentionnellement dans un véhicule automobile et sur la route comme piétons, et de très rares rapports de coroners établissant un verdict de suicide chez des jeunes enfants. Quoique les décès par suicide soient rares chez les enfants, les comportements suicidaires eux ne le sont pas et il semble que leur incidence soit à la hausse. Certaines personnes contestent la possibilité qu’un suicide puisse être commis par un enfant, en invoquant la théorie voulant qu’un enfant ne peut pas être tenu responsable de ses actes avant d’atteindre un certain âge légal (autour de 10 à 14 ans en général), parce qu’il n’est pas en mesure de comprendre la portée de son geste. Cela est particulièrement vrai dans le cas du suicide puisque les experts en développement de l’enfant affirment qu’il faut avoir atteint le développement intellectuel d’un enfant de 8 à 10 ans pour parvenir à comprendre la finalité de la mort.
- Pfeffer, Suicidal behavior in prepubertal children: From the 1980s to the
new millennium, In Review of Suicidology, 2000
C’est dans le groupe des hommes d’âge adulte que survient le plus grand nombre de décès par suicide.
Du début de l’adolescence jusqu’à un âge extrêmement avancé, les hommes présentent un risque plus élevé de mort par suicide. Cette conclusion ressort dans toutes les cultures et tous les pays, sauf pour la Chine rurale et les jeunes femmes de certaines régions de l’Inde. Dans la plupart des mesures établies, les hommes sont de 3 à 8 fois plus susceptibles que les femmes de mourir par suicide, et constituent donc entre 75 % et 90 % de tous les suicidés. On a aussi remarqué plus récemment que les hommes semblent s’adonner plus souvent à des actes autodestructeurs, quoique ce comportement soit encore associé davantage aux femmes. Aucune explication satisfaisante n’a encore été avancée pour justifier le fait que ce groupe en particulier soit si nettement à risque.
- Canetto and Sakinofsky, The gender paradox in suicide, Suicide and Life-Threatening
Behavior, 1998
Les mauvais traitements subis dans l’enfance peuvent accroître le risque de suicide plus tard.
La violence familiale et les sévices physiques dans l’enfance entraînent souvent des difficultés à l’âge adulte. Les expériences d’abus sexuels, surtout dans la relation mère-enfant, sont connues pour accroître le risque de suicide chez les deux sexes. Les femmes qui ont été victimes de mauvais traitements dans leur enfance courent un risque plus élevé de tentative de suicide.
- Dieserud and others, Negative life events in childhood, psychological problems
and suicide attempts in adulthood, Archives of Suicide Research, 2002
Les problèmes de santé mentale augmentent le risque de suicide…
Certains professionnels considèrent les troubles de santé mentale et les maladies mentales comme une condition préalable au comportement suicidaire. Il est vrai que ces problèmes de santé se retrouvent plus fréquemment dans le vécu des personnes à risque que dans celui des personnes qui ne sont pas à risque. La puissance d’un épisode actif de certains troubles mentaux graves ne doit pas être sous-estimée. Les épisodes de dépression sévère, de psychoses en phase aiguë ou résiduelle et de crises associées aux troubles de la personnalité contribuent toutes à accroître les probabilités de comportement suicidaire. Plus la personne éprouve un grand nombre de troubles mentaux (ce qu’on appelle la comorbidité) plus sa vulnérabilité augmente.
…mais on peut être à risque sans avoir de tels problèmes.
Il faut dire cependant que l’un ou l’autre de ces troubles affecte en tout temps presque 17 % de la population et sera diagnostiqué chez la moitié d’entre nous un jour ou l’autre au cours de notre vie. Les troubles mentaux sont tellement courants que la vulnérabilité au suicide associée à ces problèmes n’a qu’une valeur limitée comme indicateur spécifique du comportement suicidaire. Certaines personnes ont avancé que le vrai problème de vulnérabilité associé aux troubles mentaux n’a rien à voir avec le dysfonctionnement de la pensée et de l’affect qui les définissent, mais est plutôt lié au manque de soutien de la société et de l’entourage à l’endroit des personnes aux prises avec de tels problèmes. Les troubles mentaux sont stigmatisés aussi intensément que le suicide. Finalement, les personnes aux prises avec des troubles mentaux apprennent à surmonter leurs problèmes avec le temps. On peut donc dire que les personnes ayant des troubles mentaux ont plus tendance à être à risque qu’à passer à l’acte.
- Tanney, Psychiatric diagnoses and suicidal acts, Comprehensive Textbook on
Suicidology, 2000
Le risque de suicide est plus grand chez les gens qui vivent en institution.
Les prisons et les hôpitaux psychiatriques sont des milieux de vie insolites. Le stress physique, social et mental subi par les gens qui vivent dans ces lieux est une raison suffisante pour en faire des personnes à risque. L’organisation sociale d’une grosse institution peut aussi contribuer au risque en créant une dépendance, en minant la créativité ou la force psychologique de l’individu et, de façon générale, en affaiblissant les capacités d’adaptation et les mécanismes de survie des résidents. En somme, ces endroits sont des milieux de vie éprouvants en dépit de tous les efforts déployés pour les rendre plus humains, et les personnes qui y entrent sont déjà stressées, vulnérables et à risque.
Les gauchers présentent un risque légèrement plus élevé.
Voilà un exemple d’association démontrée statistiquement, mais sans fondement acceptable. Cet exemple illustre bien la défaillance des méthodes utilisées pour l’étude du suicide et des personnes suicidaires, qui se basent sur les données d’ensemble et sur les sciences mathématiques et actuarielles. Bien sûr, il y aura des gauchers parmi les personnes à risque, mais beaucoup de personnes à risque ne sont pas gauchères. Le même principe s’applique pour les personnes droitières ou ambidextres.
- Chyatte and Smith, Brain asymmetry predicts suicide among Navy alcohol abusers,
1981
Les hommes ont plus tendance que les femmes à mourir par suicide.
Voilà un fait reconnu dans la plupart des pays. Les décès par suicide sont trois ou quatre fois plus fréquents chez les hommes que chez les femmes. Il est utile de noter que, dans l’ensemble, les femmes sont plus nombreuses à s’engager dans un comportement suicidaire qui entraîne des blessures ou qui aura une issue non mortelle. Les individus de sexe masculin sont plus vulnérables à la mort à partir du moment de leur conception. D’aucuns prétendent que les hommes sont socialement poussés à devenir des êtres plus solitaires et indépendants, et qui ont plus de difficulté à demander de l’aide dans les moments de détresse (les hommes sont par exemple très réticents à demander de l’aide quand ils sont perdus). D’autres encore pensent que les hommes ont davantage tendance à réagir aux situations de stress par l’attaque, la violence, la colère et une toxicomanie aiguë. Ce phénomène peut donc s’expliquer de maintes façons, mais on ne doit pas écarter la possibilité que les femmes soient dotées d’un facteur de protection inconnu, et qu’il ne s’agit pas simplement d’une question de vulnérabilité des hommes. Le sexe est peut-être le facteur démographique le plus important, et le plus méconnu, à prendre en considération dans l’élaboration de programmes de prévention et d’intervention.
- Canetto and Sakinofsky, The gender paradox in suicide, Suicide and Life-Threatening
Behavior, 1998
Les jeunes femmes constituent le principal groupe de personnes à s’infliger des blessures intentionnelles.
Les comportements suicidaires aboutissent le plus souvent à des blessures non mortelles. Ce sont les jeunes femmes (14–29 ans) qui affichent les taux les plus élevés de blessures non mortelles. Il semble que la plupart d’entre elles ne veulent pas mourir, mais cherchent plutôt à modifier un aspect de leurs conditions de vie actuelles. Ramsay a qualifié ces comportements de «tentatives de vie». Il s’agit bien entendu d’un moyen très dangereux d’accomplir un changement dans sa vie, car il y a toujours une possibilité de suicide «accidentel» si le scénario de sauvetage est mal évalué ou que la méthode choisie représente un danger plus grand que prévu.
- Canetto and Sakinofsky, The gender paradox in suicide, Suicide and Life-Threatening
Behavior, 1998
Les taux de suicide tendent à être plus élevés dans les communautés autochtones…
La mort par suicide est reconnue dans presque toutes les cultures autochtones et aborigènes. Les taux sont plus élevés chez les jeunes autochtones ou aborigènes des deux sexes que dans tout autre groupe culturel ou racial. Ce phénomène, qu’on a pu noter dans la plupart des régions pour lesquelles nous possédons des données (Amérique du Nord, Australie, Nouvelle-Zélande et Europe du Nord), apparaît donc comme un problème culturel et non racial. Dans la plupart des explications fournies, la perte des origines et des racines culturelles (en tant que culture minoritaire envahie par la globalisation), la dislocation culturelle et même une désintégration de la culture sont mentionnées comme étant un facteur de stress majeur.
- Chandler and others, A study of Native and Non-Native North American adolescents,
Monographs of the Society for Research in Child Development, 2003
…mais ces taux varient d’une communauté à l’autre.
Certaines communautés autochtones semblent relativement à l’abri du suicide. Même des tribus géographiquement rapprochées peuvent avoir des expériences nettement différentes par rapport au suicide. La communauté peut notamment avoir des croyances sur la mort et le suicide qui la protègent du suicide ou, au contraire, qui encouragent le suicide. À l’heure actuelle, il existe certaines indications, quoique encore vagues, voulant que les communautés ayant préservé leurs racines culturelles bénéficient d’une plus grande protection.
- Graham, Using reasons for living to connect to American Indian healing traditions,
Journal of Sociology and Social Welfare, 2002
Le fait d’avoir des enfants offre une certaine protection contre le suicide.
Les enfants donnent un sens à la vie des parents. Les enfants sont souvent mentionnés comme une raison de vivre. Le désir d’assurer la survie et la santé de notre progéniture est peut-être «raccordé» d’une certaine manière à notre constitution biologique. Le syndrome du «nid vide» vécu par les parents dont les enfants, devenus grands, quittent la maison a déjà été pointé du doigt pour expliquer la hausse du taux de suicide chez les femmes à la fin de la quarantaine et dans la cinquantaine, quoique l’augmentation des suicides chez les femmes de cet âge ne soit pas aussi manifeste dans beaucoup d’endroits en ce moment.
- Qin and others, Gender differences in risk factors for suicide in Denmark,
British Journal of Psychiatry, 2000
Le risque de suicide peut être plus élevé chez les gens qui n’ont pas de partenaire de vie.
Le fait d’avoir un partenaire peut simplement vouloir dire ne pas être seul, et le fait d’être seul est une alerte de risque de comportement suicidaire. Les données sur l’état matrimonial recueillies dans de nombreux endroits confirment l’existence d’un lien entre la situation de célibataire, divorcé ou veuf et l’augmentation du taux de suicide chez les hommes et les femmes. Les femmes semblent quand même mieux surmonter la perte d’une relation que les hommes cependant. La distinction à faire entre l’effet de la perte d’une relation (stresseur) et l’état de solitude qui en résulte est un problème complexe.
- Heikkinen and others, Social factors in suicide, British Journal of Psychiatry,
1995
Le suicide n’est pas plus fréquent à la pleine lune.
Le folklore a des effets durables qui défient l’absence de preuves. Beaucoup de comportements humains sont prétendument soumis à des cycles ou influencés par des phénomènes astrologiques comme les phases de la lune. En dépit de nombreuses études, aucun lien n’a pu être démontré entre ces événements et les comportements suiciaires.
- Martin and others, Suicide and lunar cycles, Psychological Reports, 1992
Les suicides se produisent tout au long de l’année, mais ils sont un peu plus nombreux au printemps.
Le suicide connaît deux périodes de pointe dans l’année. Ces périodes coïncident avec les changements de saison, c’est-à-dire les moments où l’on passe de la chaleur au froid et, six mois plus tard, du froid à la chaleur. Le passage du froid à la chaleur au printemps est plus remarquable. Ces deux périodes de pointe sont observables sur les graphiques et souvent mentionnées dans le folklore, mais le pic du printemps est réellement significatif du point de vue statistique. Fait à noter, cette relation est observable dans les deux hémisphères nord et sud. L’incidence des épisodes de troubles de l’humeur et de troubles affectifs de nature biologique connaît également une poussée à la même période.
- Chew and McCleary, The spring peak in suicide, Social Science and Medicine,
1995
Le suicide a été associé à certains facteurs climatiques.
Certaines études ont établi un lien entre la recrudescence des comportements suicidaires et les températures très chaudes (bien au-dessus de la température normale du corps, de 37,2 °C) accompagnées d’un taux d’humidité très élevé et de changements dans la pression atmosphérique. On désigne ce phénomène sous le nom de «going troppo» dans le Territoire du Nord de l’Australie. Les vents secs et chauds qui balayent la face abritée des montagnes, comme en Alberta (chinook), en Norvège (fohn) et dans le sud de la France (Mistral), et sont accompagnés de brusques changements de pression barométrique, sont statistiquement associés à une augmentation légère mais notable des comportements suicidaires.
- Preti, Seasonal variation and meteotropism in suicide, Current Opinion in
Psychiatry, 2000
Il y a dans chaque ville des secteurs où les comportements suicidaires sont plus courants.
La géographie urbaine des villes témoigne des influences de nombreux facteurs sociaux et économiques. Les suicides surviennent dans le noyau central des villes, là où sont concentrés les édifices à bureaux mais où les quartiers résidentiels dotés de structures de soutien se font plus rares. Ils surviennent aussi à proximité des collèges et des universités fréquentés par une forte concentration de jeunes gens souvent éloignés du soutien de leur famille et de leurs amis. Sous les latitudes tempérées, le taux de suicide est souvent plus élevé dans les quartiers est des villes, où l’on retrouve une plus grande concentration d’industries et moins de développement résidentiel. Des micro-facteurs sont aussi notés, notamment le fait que le suicide soit plus courant sur les rues desservies par le transport en commun ou qui y donnent accès.
- Kennedy and others, Violence, homicide and suicide: Strong correlation and
wide variation across districts, British Journal of Psychiatry, 1999
Quatre-vingt-dix pour cent des suicides se produisent à la maison.
Quoique ce fait en surprenne plusieurs, ce choix est dicté par certaines considérations pratiques. La méthode utilisée est bien connue et facile d’accès, et le plan de suicide peut être élaboré et mis en oeuvre en secret. La personne qui se suicide agit parfois ainsi dans le but d’adresser son dernier message directement aux personnes qui partagent la même maison. Comme elle connaît l’emploi du temps des autres occupants, il y a moins de chances qu’elle soit interrompue dans la mise en oeuvre de son plan. Il est possible aussi qu’il subsiste chez la personne un désir ténu de vivre et qui la fait espérer inconsciemment qu’on viendra la secourir.
- Avis, Suicide in metropolitan St. John’s
1988-1994, Canadian Society of Forensic Sciences Journal, 1996
La mort par suicide est un phénomène moins fréquent avant les congés fériés…
Nous avons tous tendance à nous laisser porter par l’élan des célébrations qui entourent un événement spécial organisé pour souligner une fête. Le sentiment d’appartenance collective ressenti dans ces moments est fort et nous unit tous les uns aux autres. Plus encore, ce genre de célébrations populaires prend souvent la forme d’événements annuels qui nous remémorent des souvenirs et des expériences de jours meilleurs dans le passé, ou qui recèlent une promesse d’amélioration des jours à venir. Le soutien, l’espoir et le sentiment de pérennité qui caractérisent ces événements sont de puissants antidotes contre le suicide.
…et plus répandu après les congés fériés.
Une fois que cette journée spéciale est passée, que la vie a repris son cours normal et que tous les autres sont retournés à leur train-train quotidien, la personne qui se sent à l’écart ressent un terrible sentiment d’isolement qui semble la précipiter de nouveau dans le «trou noir» du suicide. De nombreuses études corroborent cette diminution du taux de suicide à l’occasion des jours fériés qui est suivie d’une hausse des suicides, sans toutefois pouvoir établir l’effet global des jours fériés.
- Jessen and others, Attempted suicide and major public holidays in Europe,
Acta Psychiatr Scand, 1999
Des suicides se produisent dans toutes les régions d’un même pays, mais les taux de suicide sont plus bas dans les villes.
Aucune région du globe n’est épargnée par les suicides. Le nombre de décès par suicide diffère d’un pays à l’autre et entre les diverses régions d’un même pays. Ces écarts correspondent à certaines tendances. La cartographie des taux de suicide de chaque comté des États-Unis qui a été effectuée en vue de produire un atlas géographique de la mortalité nous en fournit un exemple. On a pu constater que les zones densément peuplées (métropolitaines, urbaines et suburbaines) affichaient un taux de suicide inférieur aux régions rurales et beaucoup plus faible que les communautés rurales isolées et éloignées. Cette découverte a étonné bien des gens. Cet écart peut s’expliquer par l’absence relative de ressources formelles et professionnelles, l’éloignement et l’isolement par rapport à d’autres sources de soutien non professionnelles et informelles, l’accès aux armes à feu en tant qu’instruments nécessaires au maintien de la vie et la nature profonde des gens qui choisissent de mener leur vie à l’écart des autres êtres humains, comme l’individualisme fier qui les empêche de demander de l’aide ou le fatalisme qui leur fait voir la vie et la mort comme des événements naturels.
- Yip and others, Urban/rural and gender differentials in suicide rates, Journal
of Affective Disorders, 2000
On préviendrait bien des décès par suicide en rendant l’accès aux armes à feu plus difficile.
Là où on peut se les procurer, les armes à feu constituent une méthode de suicide répandue tant chez les hommes que chez les femmes. Qu’il s’agisse d’un pistolet ou d’une carabine, ces armes ont le potentiel de causer des traumatismes graves et sévères. En outre, le traumatisme survient si rapidement qu’il est impossible d’intervenir à temps pour aider la personne. L’utilisation d’une arme à feu est une méthode violente favorisée davantage par les hommes, un choix qui s’explique peut-être par le message de colère, d’agressivité et de défigurement rattaché à l’acte de tirer ou qui indique aussi peut-être simplement que les hommes sont plus habitués que les femmes à se servir d’armes à feu. Lorsque les armes à feu font l’objet de restrictions ou ne sont pas accessibles, le taux global de suicide chute parce que le nombre de suicides avec une arme à feu diminue. Il est reconnu qu’avec le temps, l’arme à feu finit par être remplacée par une autre méthode, mais en attendant la vie continue et des changements positifs peuvent se produire dans l’intérim.
- Brent and Bridge, Firearms availability and suicide, American Behavioral
Scientist, 2003
Les tentatives de suicide à l’aide de médicaments ou de poisons sont plus fréquentes chez les femmes.
Les femmes ont plus tendance à avoir accès aux médicaments et aux poisons et à connaître ces produits. Le comportement suicidaire peut ainsi devenir un acte d’opportunité qui se produit quand l’occasion se présente. Le comportement suicidaire peut avoir des conséquences non mortelles, comme c’est le cas avec la plupart des ingestions de médicaments et de poison. Il y a plusieurs explications à ce phénomène. La toxicité ou la létalité des médicaments et des poisons est en train de diminuer, surtout en ce qui concerne les médicaments utilisés pour traiter les problèmes de santé mentale. La plupart des ingestions n’ont pas d’effet mortel rapide. Le délai d’intervention est plus long, et ce sursis peut aussi permettre à la personne de changer d’idée. En outre, les soins médicaux d’urgence dans les cas d’empoisonnement se sont considérablement améliorés au cours des dernières décennies dans de nombreux pays.
- Canetto and Sakinofsky, The gender paradox in suicide, Suicide and Life-Threatening
Behavior, 1998
Les principales méthodes de suicide changent avec le temps.
Il existera toujours des moyens de mettre fin à sa vie intentionnellement. La méthode choisie par la personne peut avoir une signification symbolique ou avoir pour but de transmettre un message à ceux qui restent. Les anciennes méthodes peuvent faire place à l’arrivée de nouvelles méthodes. C’est ce qui s’est produit dans le Nord de l’Europe quand le charbon (qui produit des émanations de monoxyde de carbone extrêmement mortelles et qui était facilement accessible dans le fourneau de chaque cuisine) a été remplacé par le gaz naturel (faible risque de mortalité) pour la cuisson. La disponibilité d’une méthode peut changer. C’est ce qui se produit en ce moment avec les efforts déployés pour limiter l’accès aux armes à feu au moyen de lois ou de programmes de rachat. Sur une note plus sinistre, il a été établi que les manuels diffusés par le mouvement en faveur de l’euthanasie sur les moyens de mettre fin à la vie ont contribué à faire augmenter l’utilisation de certaines méthodes.
- Marzuk and others, Increase in fatal suicidal poisonings and suffocations
in the year Final Exit was published: A national study, American Journal of
Psychiatry,
1994
Chaque culture a ses méthodes de suicide «préférées».
La disponibilité joue un rôle important dans le choix des méthodes acceptées de suicide dans une communauté. En Asie du Sud-Est, la disponibilité de l’insecticide Paraquat en a fait une méthode de suicide de prédilection. Les méthodes peuvent aussi avoir une connotation culturelle qui en fait des méthodes honorables ou honteuses. Au Japon par exemple, l’utilisation d’un sabre pour se donner la mort et les décès impliquant un aspect rituel de sacrifice ou de pénitence sont vus d’un oeil plus favorable. Certaines méthodes sont quasiment «prescrites» comme étant des méthodes appropriées (ou bien inacceptables). L’eau, en particulier, est un symbole acceptable de mort par sacrifice (purification) dans plusieurs régions du monde.
- Qin and Mortensen, Specific characteristics of suicide in China, Acta Psychiatrica
Scandinavica, 2001
Des méthodes de suicide sont plus répandues dans certaines régions que d’autres.
Le choix des méthodes de suicide ou d’automutilation varie selon l’époque, le lieu et la culture. La méthode sélectionnée peut avoir une signification personnelle, mais elle sera aussi influencée par le sens que lui donne la société, sa disponibilité et la «mode». Il y a aussi des méthodes en vogues comme la pratique de se jeter devant un train en Europe. Les méthodes calquées sur celles choisies par des célébrités, comme les surdoses qui ont suivi le suicide de Marilyn Monroe et la hausse des empoisonnements au paracétamol (acétaminophène) après qu’une actrice d’un populaire feuilleton britannique ait utilisé cette méthode, sont d’autres exemples étudiés.
Les suicides sont commis avec toutes sortes de méthodes.
Les gens font souvent preuve d’ingéniosité et de diversité pour concevoir un moyen d’en finir avec la vie, mais certaines méthodes de suicide sont reconnues pour être largement utilisées. Le système de classification internationale des maladies (CIM) les classe dans la catégorie des ‘codes E’ (950-959) dans la classification CIM-9 et dans la catégorie des ‘codes X’ (60-84) dans la nouvelle classification CIM-10. Les causes de décès les plus fréquentes sont l’empoisonnement, la pendaison/la strangulation/la suffocation, la noyade/la submersion, les blessures par balle, les coupures/le transpercement avec un objet tranchant ou contondant, la chute/le saut, le feu/les brûlures, et les accidents de la route.
- International Classification of Diseases 10th Revision
Certaines méthodes de suicide sont plus mortelles que d’autres.
La probabilité qu’une méthode en particulier entraîne la mort porte le nom de létalité. La létalité tient compte de la nature, de l’étendue et de la gravité des dommages causés aux divers organes et systèmes de l’organisme, de la rapidité de cette action et du potentiel de réversibilité des dommages si un traitement approprié et rapide est administré. Diverses échelles ont été créées pour comparer la létalité de différentes méthodes.
La méthode choisie ne permet pas nécessairement d’évaluer le sérieux du désir de mourir…
Les manuels sur l’euthanasie et les sites Internet sur le «suicide assisté» présentent souvent ces méthodes de façon plus détaillée. Nous n’allons pas en faire une liste car notre intérêt est de préserver, de protéger et de promouvoir la vie. Les études démontrent une méconnaissance de l’anatomie, de la physiologie et de la pharmacologie dans la population en général, par rapport à l’application des méthodes d’autodestruction. Les chimistes industriels, les pharmaciens et les gens possédant une formation médicale présentent tous un risque accru non seulement parce qu’ils ont plus facilement accès aux méthodes mortelles, mais aussi parce qu’ils savent quels médicaments et produits chimiques sont les plus dangereux, et à quelle dose. Chaque année, un certain nombre de personnes qui prennent une surdose d’acétaminophène/paracétamol sans souhaiter véritablement une fin tragique finissent par mourir des complications entraînées par les dommages au foie et de la destruction de la fonction hépatique qui surviennent quand la surdose n’est pas traitée rapidement. L’expérience médicale des coupures et des blessures par balle chez les personnes sérieusement décidées à mourir démontre (heureusement) que les gens sont inefficaces à appliquer la méthode choisie par manque de connaissance de l’anatomie.
- Cantor and Baume, Changing methods of suicide by young Australians 1974-1994,
Archives of Suicide Research, 1998
…mais la plupart des gens ne savent pas quelles méthodes sont plus dangereuses.
Beaucoup d’intervenants présument que la létalité d’une méthode choisie pour se blesser volontairement tient à la volonté de la personne d’en finir. Un examen de toutes les études effectuées sur le sujet (plus de 15 en tout) a permis d’indiquer que le lien entre l’intention de mourir et la létalité de la méthode n’existe que dans la moitié des cas. L’absence d’un lien significatif s’explique en partie par la disponibilité et la connaissance de la méthode. Les préférences personnelles, culturelles et régionales à l’endroit de certaines méthodes indépendamment de leur létalité offrent une autre explication.
Les traitements médicaux modernes ont sauvé beaucoup de personnes d’un suicide probable.
Les médicaments et produits médicinaux couramment utilisés comme méthodes autodestructrices sont maintenant plus sécuritaires que jamais en surdose. Les emballages protecteurs (à dose unique), là où ils existent, ont permis de diminuer les quantités de médicaments absorbées. On a vu apparaître dans les 35 dernières années des services médicaux d’urgence, des salles d’urgence et des unités de soins intensifs qui se spécialisent dans le soin et le traitement des patients gravement malades ou blessés. Ces traitements ne semblent pas avoir eu d’incidence sur le taux global de décès ou de blessures. Si on «sauve» un plus grand nombre de personnes qui se blessent volontairement et que le taux de suicide reste relativement stable, c’est donc dire qu’il y a plus de personnes qui attentent à leur vie ou qui se suicident.
- Hall and others, Association between antidepressant prescribing and suicide
in Australia, 1991-2000, British Medical Journal, 2003
Il continue d’y avoir des suicides malgré les améliorations apportées aux traitements en santé mentale.
L’incidence modeste des traitements médicamenteux modernes sur la prévention du suicide n’implique pas qu’il faille négliger ou abandonner ces approches. Le lithium pour les personnes aux prises avec des troubles affectifs ou des troubles de l’humeur graves ainsi que la clozapine, un médicament antipsychotique pour les personnes atteintes de schizophrénie ou d’autres psychoses, contribuent nettement à diminuer les suicides et les comportements autodestructeurs. Les nouveaux antidépresseurs, qui augmentent l’activité de la sérotonine dans le cerveau (5-HT), peuvent sauver la vie des personnes portées à faire des tentatives de suicide violentes et impulsives. Le plus gros problème consiste à s’assurer que les personnes à qui ces médicaments pourraient être bénéfiques puissent les obtenir, mais aussi qu’elles puissent prendre la dose adéquate pendant une période suffisamment longue. Il y a aussi des troubles mentaux associés au suicide pour lesquels les médicaments ne représentent pas un traitement important ou de premier recours en ce moment, comme les troubles de la personnalité et la toxicomanie. Comme c’est le cas pour la plupart des problèmes de santé mentale, les ressources et la recherche pour venir en aide aux personnes aux prises avec ces troubles souffrent souvent de sous-financement. Il est irréaliste d’espérer qu’une seule méthode (pharmacothérapie pour les problèmes de santé mentale) pourra aider toutes les personnes à risque de suicide. Après tout, le suicide n’est pas une maladie.
- van Heeringen, The Neurobiology of suicide and
suicidality, Canadian Journal of Psychiatry, 2003
En dépit de nos plus vaillants efforts, certaines personnes finissent quand même par se suicider.
Les soins biomédicaux ont permis de sauver beaucoup de personnes qui s’étaient infligées une blessure avec un moyen létal dans le but d’en finir. Il existe des formes d’aide efficaces pour bon nombre de conditions préoccupantes pouvant mener à un comportement autodestructeur. Il y a ceux qui ne reçoivent pas d’aide en dépit de ces efforts. Il y a aussi des personnes qui ne demandent jamais d’aide ou même qui refusent qu’on les aide. Il y en a d’autres qui ne reçoivent jamais l’aide qui pourrait leur sauver la vie. Et il y a celles à qui on n’a pas pu apporter une aide efficace à temps.
- Grunebaum, Outcomes of suicidal behaviors, Clinical Neuroscience Research,
2001
Il y a un petit nombre de personnes qui ne seront jamais à risque de suicide.
On estime qu’une personne sur huit a suffisamment de raisons de vivre ou d’autres facteurs protecteurs dans sa vie pour ne jamais envisager le suicide. Personne ne connaît la source de cette résilience.
La plupart des personnes qui se blessent intentionnellement ne demandent pas d’aide ou de traitement.
Dans une étude sur le comportement suicidaire des adolescents, on a compté le nombre de personnes qui reçoivent un traitement à l’hôpital pour leur comportement suicidaire. Les chiffres recueillis indiquent qu’aussi peu que 6 % des gens qui font une tentative de suicide un moment donné dans leur vie se retrouvent dans un établissement de soins médicaux. Ces personnes demandent peut-être de l’aide à d’autres ressources non médicales. Elles réussissent peut-être à régler leurs problèmes. Elles meurent peut-être par suicide. On ne le sait pas. Ce qu’on sait par contre, c’est que de nombreuses personnes à risque de suicide, les hommes en particulier, n’osent pas demander de l’aide aux autres de peur d’être étiquetés ou privés de leur liberté d’action.
La plupart des suicides pourraient être évités.
Il devrait y avoir de l’optimisme dans le fait d’aider une personne à risque. La vaste majorité des personnes qui pensent au suicide ne passent jamais à l’acte. Les raisons de vivre sont souvent plus fortes.
Un simple geste de soutien peut sauver une vie.
On ne décide pas si on va se suicider ou pas en faisant simplement la somme de ses raisons de vivre ou de mourir. Il semble que ce soit souvent une question de voir de quel côté penche la balance au moment où la décision est prise. Il y a des gens qui choisissent de mettre fin à leurs jours même quand tout pourrait faire pencher la balance en faveur de la vie. De la même façon, des raisons très graves de vouloir mourir peuvent être contrebalancées par la plus petite raison de vivre. Le soutien d’une autre personne au moment où il ne reste plus rien à l’intérieur peut suffire à faire pencher la balance du côté de la vie. Il n’est pas nécessaire d’avoir des solutions ni même d’autres choix à offrir. Parfois, le simple fait de ne plus se sentir seul suffit. La compréhension de ce principe est un des points essentiels à apprendre au sujet des techniques de secours d’urgence en situation de suicide.
Le suicide est un sujet dont il est permis de parler.
On a tenté pendant des siècles de couvrir le suicide de honte et de tabou pour l’enrayer de la société. Mais comme stratégie de prévention, ça n’a pas marché. Le suicide fait partie de la condition humaine, mais demeure toujours un choix. En acceptant ce fait comme une réalité douloureuse, les aidants sont libres d’explorer, de comprendre et d’agir pour aider une personne à risque à trouver une meilleure façon de s’en sortir.
La prévention du suicide passe aussi par la préservation et la promotion de la vie.
Les secours d’urgence en situation de suicide ne consistent pas uniquement à détourner une personne de la mort. C’est une intervention qui veut l’amener à choisir de vivre, ne serait-ce que pour le moment présent. Pour renforcer ce choix, la communauté doit non seulement honorer la vie elle-même, mais s’engager à tout mettre en oeuvre pour la rendre utile et enrichissante. Chaque communauté peut se prémunir contre le suicide en contribuant à rendre la vie meilleure.