Ce site Web est en cours de développement. La suite n'est pas disponible en français.

  • Atelier de formation safeTALK (3.5 heures)
  • Formation des formateurs (FDF) safeTALK (deux jours)
  • L'atelier ASIST (deux jours)

LivingWorks Education détient les droits d’auteur du présent document. Le présent document fournit des détails et des références concernant les Faits sur le suicide présentés au début de l'Atelier de formation appliquée en techniques d'intervention face au suicide (ASIST), d’une durée de deux jours.

It is grouped into: LivingWorks et les secours d'urgence en situation de suicide | Aspects généraux | Qu’est-ce que c’est? | Histoire | Ampleur | Tendances | Explications | Enjeux sociaux | Groupes | Causes naturelles | Moyens utilisés par les gens pour se blesser | Aide | Espoir

LivingWorks et les secours d’urgence en situation de suicide

Beaucoup d’intervenants ayant suivi la formation ASIST ont eu l’occasion de mettre leurs compétences en pratique pour aider d’autres personnes.
Les intervenants sont mieux préparés à venir en aide à une personne à risque après avoir suivi l’atelier ASIST. Les récits d’interventions effectuées par suite des ateliers donnés aux quatre coins du monde sont monnaie courante et ont même dans certains cas fait l’objet de reportages dans la presse populaire. Des personnes de toutes les couches de la société ont mis en pratique les compétences acquises dans l’atelier ASIST pour aider une personne suicidaire, qu’il s’agisse d’une mère qui réussit à mettre son fils, étudiant à l’université, en contact avec une ressource d’urgence qui lui sauve la vie, d’un agent de police appelé sur les lieux d’une crise familiale et qui aide un père n’ayant pas la garde de ses enfants à obtenir les soins de santé nécessaires, d’un automobiliste qui décide de s’arrêter pour aider une femme désorientée qui marche au beau milieu d’une rue achalandée, d’une réunion entre amies à la pause-café quotidienne pendant laquelle le besoin de porter secours sans délai à une personne suicidaire se fait sentir, ou d’un passant qui aide à dissuader une personne de sauter en bas du pont. Une étude effectuée auprès de personnes ayant suivi l’atelier ASIST a révélé que 80 % avaient utilisé leurs connaissances pour apporter une aide directe à quelqu’un, comparativement à 47 % avant la tenue de l’atelier.
- Turley and Tanney, LivingWorks Australian Field Trial Evaluation Report, Lifeline Australia, 1998

Vous suivez présentement le programme d’intervention face au suicide le plus utilisé dans le monde.
Instauré en 1982 à titre d’atelier pilote dans une communauté rurale d’Alberta pour être ensuite étendu à l’ensemble de la province en 1985, l’atelier ASIST est maintenant donné dans d’autres régions du Canada et dans plusieurs pays du monde. Plus de 750 000 personnes ont suivi l’atelier au Canada, en Australie, en Norvège et aux États-Unis, ainsi qu’à d’autres endroits comme Guam, Singapour, Hong Kong, l’Irlande du Nord, Shetland et le nord de la Russie. Il a été démontré que l’utilisation par les divers intervenants de la communauté d’une même approche pour porter secours à une personne suicidaire favorise le réseautage et améliore la continuité des soins pour les personnes à risque. Parce qu’il s’agit d’un programme de formation générale qui convient à tous les aidants quel que soit leur niveau de compétence, le nombre de personnes pouvant bénéficier de l’atelier ASIST dans chaque communauté est très grand.
- LivingWorks Education, 2006

La formation ASIST a pour effet de changer les attitudes, les connaissances et les compétences des intervenants.
L’atelier ASIST a fait l’objet de diverses évaluations au fil des ans dans le cadre de recherches post-universitaires, et a notamment été le sujet de deux thèses de doctorat, d’évaluations indépendantes et d’évaluations subventionnées. Toutes ces études ont montré chez les participants une plus grande aisance, une meilleure habileté et une assurance accrue pour aider une personne à risque. Les personnes qui ont suivi la formation ASIST sont plus susceptibles d’utiliser les techniques reconnues d’intervention en situation de suicide. Elles ont aussi généralement une attitude plus claire face au suicide, elles sont mieux préparées à intervenir, connaissent davantage la méthode d’évaluation du risque de suicide, comprennent mieux le modèle d’intervention, et sont finalement plus disposées à intervenir et plus optimistes de réussir à empêcher un suicide. Les intervenants d’expérience voient l’atelier ASIST comme une «formation revitalisante», un «excellent outil de recyclage» ou «une nouvelle façon de structurer leurs connaissances». L’atelier ASIST fait appel aux principes d’éducation des adultes pour encourager l’action et l’acquisition de nouvelles techniques. La réflexion au sujet des attitudes et des croyances est un premier pas essentiel pour ouvrir l’apprenant à l’utilisation de nouvelles approches et de nouvelles connaissances. Une description détaillée de toutes les évaluations connues de l’atelier ASIST est fournie par LivingWorks sur demande. L’organisme est soucieux d’évaluer constamment le programme afin de continuer à l’améliorer.
- Eggert and others, Gatekeeper training: A selective prevention approach, Washington State Youth Suicide Prevention Program, Univ. of Washington, 1997, 1999

Il y a un autre atelier de formation ASIST qui se donne en ce moment même quelque part dans le monde.
Plus de 3 500 formateurs présentent l’atelier ASIST à quelque 30 000 personnes par année. Cela représente 29 ateliers par semaine ou quatre ateliers donnés chaque jour de la semaine. Les formateurs locaux se basent sur le contenu normalisé du programme de formation pour réduire les coûts et adapter le programme aux besoins de leur propre milieu. Chaque atelier ASIST vient gonfler le nombre d’aidants «prêts, disposés et habiles» à porter secours à une personne suicidaire.
- LivingWorks Education, 2005

Chaque jour, de nouvelles personnes apprennent à utiliser les techniques de secours d’urgence en situation de suicide.
L’atelier ASIST est un programme de base qui prépare les participants à faire des interventions immédiates ou urgentes auprès d’une personne suicidaire jusqu’à ce que le danger présent soit écarté ou que d’autres ressources d’aide puissent être mises en branle. Ce programme convient aux intervenants de tous les niveaux et de tous les domaines de compétence. On a comparé les techniques de secours d’urgence en cas de suicide au programme de réanimation cardiorespiratoire Heart Saver de l’American Heart Association ou au programme de secourisme d’urgence de l’Ambulance St-Jean. N’importe qui peut apprendre ce qui doit ou peut être fait pour sauver la vie d’une personne à risque de suicide ou d’acte autodestructeur. Avec la présentation d’au moins quatre ateliers ASIST par jour tous les jours de la semaine, c’est 80 nouvelles personnes en moyenne qui apprennent chaque jour de l’année comment porter secours à une personne suicidaire.
- LivingWorks Education, 2003

Les techniques de secours d’urgence en situation de suicide peuvent être utilisées n’importe où.
L’atelier ASIST a été conçu pour les aidants adultes (16 ans et plus) de tous âges et provenant de milieux très variés. Un coup d’oeil rapide à la diversité des personnes qui ont suivi l’atelier atteste de sa grande polyvalence: enseignants, personnes autochtones, employés des services correctionnels (pour les adultes et les jeunes), agents de police, personnel militaire (enrôlé et civil), professionnels en santé mentale, intervenants en protection de l’enfance, bénévoles des services d’aide téléphonique, membres du clergé, intervenants en toxicomanie, étudiants en médecine, travailleurs en milieu rural, personnel des services sociaux, agents de probation et beaucoup d’autres personnes provenant de divers horizons. Non seulement les techniques de secours d’urgence en situation de suicide peuvent être utilisées n’importe où, mais elles peuvent être appliquées par n’importe qui dans n’importe quelle circonstance. De nombreux aidants ont signalé avoir utilisé avec succès ces techniques d’intervention auprès de membres de la famille, d’amis, de voisins ou de collègues de travail suicidaires.
- Ramsay and others, Alberta’s Suicide Prevention Programs, Suicide and Life-Threatening Behavior, 1990

Aspects généraux

L’Organisation mondiale de la santé qualifie le suicide de problème de santé publique important.
Selon les chiffres pour l’ensemble de la planète, on estime qu’un million de personnes meurent chaque année par suicide. Cela représente un décès toutes les 40 secondes.
- World Health Organization (WHO), Figures and Facts about Suicide, 1999

Le suicide est un enjeu mondial.
Dans les 105 pays qui transmettent de l’information à l’OMS sur les causes de décès, le suicide figure maintenant parmi les trois principales causes de décès dans le groupe des personnes de 15 à 35 ans. Qualifié jadis de problème majeur dans la population âgée, le suicide est devenu un sujet d’inquiétude prédominant chez les jeunes dans le tiers de tous les pays du monde.
- WHO, Figures and Facts about Suicide, 1999

Certaines des connaissances que nous avons sur le suicide s’appliquent partout dans le monde…
Le suicide est l’option choisie par toutes sortes de personnes parce qu’elles sont tristes, en détresse et, souvent, désespérement en quête d’un moyen de mettre fin à leurs souffrances. Un grand nombre de ces personnes ne voulaient pas mourir. Quelques décès par suicide, ou beaucoup peut-être, pourraient être évités.
- Schmidtke and others, Suicide rates in the world, Archives of Suicide Research, 1999

…mais une connaissance de la situation locale peut être utile.
Les raisons de vouloir vivre et de vouloir mourir sont souvent très semblables d’un endroit à l’autre, mais les méthodes utilisées pour en finir peuvent différer, au même titre que la façon de demander de l’aide varie selon la culture.
- Joseph and others, Evaluation of suicide rates in rural India using verbal autopsies, 1994-9, British Medical Journal, 2003

Les enquêtes sont une des façons qu’on peut utiliser pour en savoir davantage sur le suicide...
Le fait d’interroger un grand nombre de personnes sur un sujet, si la méthode utilisée est la même dans divers endroits, est un outil de collecte de données appelé sondage ou enquête. Les résultats peuvent servir à tirer des conclusions générales sur un sujet donné. Certaines formules statistiques peuvent être appliquées aux données pour nous aider à déterminer si une conclusion s’applique vraisemblablement au groupe interrogé. Rien n’est jamais sûr à 100 %, à moins d’être une conclusion dénuée d’utilité du genre «tous les répondants à ce sondage étaient des personnes». Les conclusions qui se dégagent de l’enquête vont s’appliquer à une partie du groupe, mais pas à l’ensemble. Dans nos études sur les comportements suicidaires, nous demandons aux gens s’ils songent souvent à se blesser, quelle méthode ils utiliseraient le cas échéant, et quelles sont leurs raisons de vouloir vivre et de vouloir mourir parmi un choix de réponses. Tous ces renseignements nous aident à trouver des explications pour nous aider à mieux comprendre la problématique du suicide chez les groupes semblables à ceux qui ont répondu aux questions du sondage. Ce n’est pas une façon d’en apprendre davantage sur des individus particuliers qui sont à risque de suicide.
- Thomas and others, Thinking life is not worth living: A population survey of Great Britain, Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 2002

…le fait de parler avec une personne à risque en est une autre.
Le fait d’écouter l’histoire des personnes à risque et de celles qui ont attenté à leur vie et survécu est un autre moyen qui nous aide à mieux comprendre. Ces récits personnels de lutte et parfois de sacrifice nous éveillent à la réalité des souffrances et des expériences humaines. Le sens de la perte, le sentiment d’être complètement seul et pris au piège du passé, le besoin désespéré de faire quelque chose, l’agitation de l’ambivalence et l’incommensurable valeur de l’espoir deviennent tous plus clairs dans ces récits de vie et de mort.
- O’Carrol and others, Interviewing suicide ‘decendents’: A fourth strategy for risk factor assessments, Suicide and Life-Threatening Behavior, 2001

Qu’est-ce que c’est?

Le mot «suicide» a été utilisé pour la première fois au 17e siècle.
En anglais, le terme «self-killing» est un très vieux mot. Les termes grec (hekousios thanatos) et latin (mors voluntaria) décrivaient le geste comme une mort volontaire. «Suicida» a été employé au Moyen-Âge, mais était considéré comme du mauvais latin. L’anglais et d’autres langues modernes ont inventé le mot «suicide» au 17e siècle, tandis que la France a attendu au 18e siècle pour accepter ce mot. Certaines langues n’ont pas encore de mot pour désigner l’acte de se donner soi-même la mort. On l’appelle «la chose idiote» dans au moins une culture où les techniques ASIST sont utilisées.
- Maris, Berman, Silverman, A historical perspective on suicide, Comprehensive Textbook on Suicidology, 2000

Le mot «suicide» sert à désigner une façon de mourir.
Les coroners ou les médecins légistes ont le devoir d’établir de quelle façon est survenue la mort de chaque personne qui décède. La mort naturelle (la plus commune), l’homicide (la moins répandue), l’accident, le suicide et les causes indéterminées lorsque la cause du décès est difficile à établir, sont les termes acceptés pour certifier la cause des décès.
- Neeleman and Wessely, Changes in classification of suicide in England and Wales: Time trends and associations with coroners’ professional backgrounds, Psychological Medicine, 1997

On définit généralement le suicide comme l’acte de «se donner la mort».
Il n’y a pas de définition généralement acceptée du suicide. Il s’agit d’un acte auto-infligé qui entraîne la mort (ou une blessure, dans une tentative de suicide). La difficulté consiste à déterminer si la personne avait réellement l’intention ou le désir de mourir—et elle n’est plus là pour en témoigner elle-même.
- Beautrais, Suicides and serious suicide attempts, Psychological Medicine, 2000

Un grand nombre des personnes qui songent au suicide préféreraient trouver un moyen de vivre.
Heureusement, nous pouvons déclarer en toute confiance que cet énoncé est vrai. Les estimations du nombre de personnes qui se blessent volontairement comparativement à celles qui meurent par suicide sont de l’ordre de 25 à 100 pour 1. Cet écart important dans les données est attribuable aux nombreuses façons différentes de définir un acte d’autodestruction ou une blessure volontaire, et au fait qu’un bon nombre de personnes qui se blessent volontairement ne demandent jamais d’aide ou de traitement. Deux importantes conclusions se dégagent du rapport entre les comportements autodestructeurs et le nombre de décès: 1) La majorité des personnes qui se blessent volontairement n’en meurent pas; et 2) le problème est beaucoup plus répandu que ce que les chiffres ou les taux de mort par suicide ne le laissent croire.
- Moscicki, Gender differences in completed and attempted suicides, Annals of Epidemiology, 1994

Histoire

Des suicides sont rapportés dans l’histoire de toutes les sociétés humaines.
De l’antiquité jusqu’à aujourd’hui, dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs jusqu’aux grandes métropoles où la vie bat au rythme de la technologie, des être humains se sont donnés la mort. Dans certains cas, la mort est culturellement acceptée et même escomptée, comme pour les suicides rituels ou les personnes qui «meurent pour la patrie (la tribu, l’honneur, etc.)». Cependant, tous ces décès sont aussi des pertes douloureuses quelles que soient les attentes culturelles.
- Maris, Berman, A historical perspective on suicide, Silverman, Comprehensive Textbook on Suicidology, 2000

Les suicides continuent de se produire—même si c’est un acte illégal, défendu et puni.
À partir du 5e siècle, le suicide a été considéré par la société occidentale comme un acte contre Dieu et l’État. De terribles châtiments étaient imposés aux survivants et aux défunts—les morts n’avaient pas droit à la sépulture traditionnelle et on se débarrassait des corps comme s’il s’agissait d’un animal. Depuis le 17e siècle, des arguments apparaissent de temps à autre pour justifier ou autoriser le suicide. À partir de la deuxième moitié du 20e siècle, certains pays ont reconnu et accepté que le suicide faisait partie de la condition humaine.
- Maris, Berman, A historical perspective on suicide, Silverman, Comprehensive Textbook on Suicidology, 2000

Jusqu’à récemment, il était interdit par la loi de tenter de s’enlever la vie.
Le fait de rendre le suicide inacceptable par l’adoption de lois qui en faisaient un acte illégal avait pour but de décourager le suicide. À une époque ancienne, le suicide était puni très sévèrement parce qu’on y voyait un «acte de félonie contre soi» qui, croyait-on, sapait l’autorité religieuse, sociale et judiciaire. Plus récemment, la honte et les stigmates se sont estompés dans certains pays et ces lois ont été largement abandonnées. La plupart des pays continuent cependant d’interdire par la loi d’aider une personne à se suicider ou de lui conseiller le suicide.
- Lester, Guttman, Scaling national laws on suicide, Crisis, 2002

Beaucoup de personnes ayant connu la célébrité sont mortes par suicide.
Tout au long de l’histoire jusqu’à aujourd’hui, de nombreuses célébrités sont mortes par suicide: des artistes, philosophes, poètes, chanteurs, scientifiques, politiciens et soldats. Certaines de ces personnes ne sont devenues célèbres qu’après leur mort. Il est regrettable et triste de penser à la contribution que ces personnes et toutes les autres auraient pu avoir.
- Lester, Encyclopedia of Famous Suicides, 1997

Ampleur

Le suicide fait plus de victimes que tous les conflits armés autour du monde.
Le million de décès par suicide à survenir chaque année dépasse le nombre de victimes faites par tous les nombreux conflits armés du monde entier et, dans bien des endroits, est à peu près équivalent sinon supérieur au nombre de décès causés par les accidents de la route.
- WHO, Figures and Facts about Suicide, 1999

Il y a chaque année dans le monde plus d’un million de personnes qui meurent par suicide—et un nombre beaucoup plus élevé qui tentent de se suicider.
Le taux moyen global de suicide s’établit à 16 par 100 000. L’OMS estime qu’un nombre 10 à 20 fois plus élevé de personnes dans le monde vont faire une tentative de suicide. Selon certaines études menées à l’échelle locale, le nombre de tentatives de suicide pourrait être 40 à 60 fois plus élevé. C’est dans les pays baltes qu’on trouve les plus hauts taux de suicide (plus de 30 par 100 000). En Afrique, dans les Amériques, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental, ce sont les pays insulaires, comme Maurice, Cuba, le Sri Lanka et le Japon, qui affichent les taux de suicide les plus élevés.
- WHO, Figures and Facts about Suicide, 1999

Une personne meurt par suicide toutes les 40 secondes dans le monde.
Un million de décès par suicide chaque année, cela représente un décès toutes les 40 secondes.
- WHO, Figures and Facts about Suicide, 1999

Chaque semaine, environ 3 % des gens songent à mettre fin à leurs jours.
Les pensées suicidaires sont très courantes. C’est là une découverte relativement nouvelle attribuable à des chercheurs d’Australie. Il n’y a pourtant rien d’étonnant dans cette information, à part le fait qu’on ait mis autant de temps à s’en rendre compte. Il est très encourageant cependant de constater que la très grande majorité de ces personnes ne passeront jamais à l’acte même si elles sont à risque. Il semble que le fait d’envisager sérieusement le suicide soit si déplaisant ou bouleversant que les gens finissent par vouloir trouver une meilleure solution.
- Goldney and others, Suicidal ideation and health-related quality of life in a community, MJA, 2001

Il y a des suicides dans tous les États, dans toutes les provinces et dans tous les pays. Le suicide est responsable chaque année de 2 % de tous les décès.
La société tient un registre des raisons pour lesquelles les gens meurent pour suivre l’évolution des causes de mortalité. La plupart des gouvernements publient ces données. Cette information est souvent utilisée pour la prise des décisions sur les dépenses consacrées aux programmes de prévention. Chacun de ces rapports fait état du nombre de décès par suicide. Il appert que le suicide cause davantage de décès que l’homicide, les maladies du foie ou le sida et, dans bien des endroits, le nombre de personnes qui meurent par suite d’un suicide est à peu près aussi élevé sinon plus que le nombre de personnes tuées dans un accident de la route. Considérant l’ampleur du problème, le phénomène des comportements suicidaires et la prévention du suicide reçoivent très peu d’aide financière des gouvernements ou des autorités en santé publique dans le monde entier.
- WHO, The Injury Chart Book, 2002

Le taux de suicide est une mesure de la fréquence des suicides dans un groupe donné.
Pour comparer le nombre de suicides d’une période à l’autre dans un même groupe ou entre des groupes différents (hommes et femmes, milieu urbain et milieu rural, influence des mois de l’année ou des saisons), il nous faut un instrument de mesure capable d’ajuster le nombre de suicides à la taille du groupe dans lequel les suicides sont survenus. Cet instrument s’appelle le taux de suicide. Il exprime le nombre de personnes qui meurent par suicide dans un groupe donné de même taille au cours de la même période. Dans le cas du suicide, l’étalon de mesure du temps est une année et le nombre total de personnes est 100 000. Ainsi, le taux de suicide = le nombre de décès par suicide x 100 000 ÷ la population totale du groupe. Par exemple, dans une ville de un million d’habitants où on a enregistré 100 décès par suicide dans une période d’une année, le taux de suicide serait de 100 x 100 000 ÷ 1 000 000 = 10 par 100 000. Le «taux par 100 000» est une expression que vous devriez entendre quand il est question de comparaisons.
- Mausner and Bahn, Epidemiology: An introductory text, 1985

Le taux de suicide fournit un moyen d’établir des comparaisons entre différents groupes.
En tant qu’instrument de mesure, le taux de suicide dans un groupe, lorsqu’il est connu, nous permet d’établir des comparaisons avec d’autres groupes. Cet exercice a pour but d’en apprendre davantage sur d’autres groupes qui pourraient être plus ou moins vulnérables au suicide. C’est ainsi qu’on peut comparer les taux entre l’Australie, le Canada, la Norvège et les États-Unis bien que ces pays aient des populations de taille différente, ou comparer différents groupes d’âge en tenant compte du nombre de suicides et de la taille de chaque groupe.
- Mausner and Bahn, Epidemiology: An introductory text, 1985

Les chiffres officiels sur le suicide ne reflètent pas la situation réelle.
Il y a toujours plus de suicides que ce que rapportent les chiffres officiels. Nous savons qu’un certain nombre de suicides sont pris à tort pour des accidents ou classés parmi les causes de décès indéterminées faute de renseignements suffisants pour classer le décès dans une catégorie précise. Les règles ou les critères utilisés pour classer un décès comme suicide diffèrent largement d’un pays à l’autre. Des études récentes ont démontré une sous-estimation du nombre de décès par suicide de l’ordre de 3 à 24 %, alors que la mesure généralement acceptée de sous-dénombrement est de 10 %. La stigmatisation contribue au sous-dénombrement des cas et à la variation dans les critères.
- Moscicki, Epidemiology of completed and attempted suicide, Clinical Neuroscience Research, 2001

Certaines noyades sont des suicides déguisés. Les «accidents» de la route sont parfois des tentatives de suicide.
Lorsqu’il y a décès d’une personne dans de telles circonstances, comme un accident impliquant une seule voiture, la possibilité d’un suicide ou d’une mort intentionnelle ne peut être totalement écartée. Il est indéniable que certaines noyades et certains décès dans un accident de la route impliquant un seul véhicule sont «classés par erreur» comme des décès naturels ou accidentels alors que le suicide aurait été la cause plus exacte. Cette thèse est d’ailleurs corroborée par des données provenant de rapports de coroners. La classification erronée de ces décès contribue à la publication de chiffres officiels inférieurs à la réalité. Les études récentes sur le sujet laissent entendre que probablement moins de 5 % des décès survenus dans un véhicule automobile avec un seul passager et moins de 10 % des décès par noyade sont des suicides non détectés.
- Connolly and others, Single road traffic deaths – accident or suicide?, Crisis, 1995

Tendances

Depuis 1975, beaucoup de pays sont aux prises avec une hausse importante de suicides chez les adolescents et les jeunes adultes.
Dans tous les pays qui déclarent leurs taux de suicide à l’Organisation mondiale de la santé, le suicide figure maintenant parmi les trois premières causes de décès chez les jeunes adultes (15 à 35 ans). Jusqu’à récemment, le problème du suicide touchait principalement la population âgée.
- WHO, Facts and Figures about Suicide, 1999

Le suicide est devenu un problème grave chez les jeunes dans un tiers de tous les pays du monde.
Quand on compare les données des années 1950 à celles des années 1990, on constate que le suicide est très répandu chez les jeunes, en chiffres relatifs et absolus, dans le tiers de tous les pays.
- WHO, Facts and Figures about Suicide, 1999

Le suicide demeure une préoccupation de santé importante chez les aînés.
Le suicide a toujours été reconnu comme un sujet de préoccupation important chez les aînés, alors que les taux de suicide augmentent encore plus avec l’âge. La présence d’une maladie physique chronique est un facteur contributif important. Le problème du suicide chez les aînés n’a pas changé, mais a été occulté ces dernières années par la recrudescence de suicides chez les jeunes. Au cours des prochaines décennies, la population âgée est appelée à augmenter en flèche, à vivre plus longtemps et à avoir moins accès aux ressources. Toutes les estimations nous portent à croire que le nombre de suicides augmentera encore davantage dans ces groupes d’âge.
- Chiu and others, Suicide in the elderly, Current Opinion in Psychiatry, 2001

Les taux de suicide n’ont cessé d’augmenter partout dans le monde ces 50 dernières années.
Des données récentes de l’Organisation mondiale de la santé indiquent que les taux de suicide ont grimpé de 10,1 par 100 000 à 16 par 100 000 entre 1950 et 1995, soit une augmentation de presque 60 %. Ces chiffres doivent cependant être interprétés avec une certaine prudence du fait que les pays étaient beaucoup moins nombreux en 1950 qu’en 1995 à publier des statistiques sur le suicide.
- WHO, Facts and Figures about Suicide, 1999

Explications

Les faits sur le suicide ne sont pas faciles à expliquer.
La personne qui meurt par suicide n’est plus là pour expliquer son geste. La douleur provoquée par le décès empêche les survivants de comprendre réellement ce qui a pu se passer. Les théories découlant des recherches n’offrent que des hypothèses probables. Elles tentent d’expliquer une décision complexe influencée par de nombreux facteurs contributifs.
- Shneidman, Comprehending Suicide: Landmarks in 20th Century Suicidology, 2001

Il n’y a jamais une seule cause à l’origine du suicide d’une personne.
Le comportement suicidaire est la résultante de nombreux facteurs, regroupés en une multitude de combinaisons différentes. La prédisposition biologique, les facteurs psychologiques personnels et sociaux, les rôles et les relations ainsi que le questionnement sur le sens réel de sa propre vie font partie de ces facteurs.
- Orbach, A taxonomy of factors related to suicidal behavior, Clinical Psychology Science and Practice, 1997

Les tentatives de suicide se produisent pour toutes sortes de raisons différentes.
Le comportement suicidaire n’est pas un problème isolé mais le résultat d’un ensemble de problèmes qui aboutissent à l’autodestruction ou à la mort. Il n’y a pas de suicide typique, quoique les suicides ne se produisent pas non plus «sans aucune raison».
- Jobes and Mann, Reasons for living versus reasons for dying: Examining the internal debate of suicide, Suicide and Life-Threatening Behavior, 1999

Il y a beaucoup de choses qui mènent au suicide.
Le suicide est l’aboutissement d’un processus dans la vie d’une personne, un processus fait d’une suite d’expériences et d’événements prédisposants, précipitants et qui vont même jusqu’à se perpétuer. En cours de route, la personne arrive à des carrefours où il y a des choix à faire qui peuvent l’éloigner de la tentation du suicide. Ces choix sont faits dans certains cas par la personne à risque, et parfois par les autres ou même par la société en général.
- Lester, Why People Kill Themselves: A 2000 Summary of Research on Suicide (4th ed.), 2000

Bien des choses, importantes et banales, peuvent conduire au suicide.
Il est rare qu’un seul événement catastrophique conduise au suicide, bien que cela se produise. Le plus souvent, c’est une accumulation d’événements et d’expériences qui finit par submerger la personne et lui faire perdre sa capacité habituelle de surmonter les épreuves. C’est alors que le suicide peut apparaître comme une option, mais la personne peut aussi choisir la vie, et c’est généralement ce qu’elle fera s’il y a quelqu’un près d’elle pour l’aider à voir plus clair dans ses options.
- Heikkinen and others, Age-related variation in recent life events preceding suicide, Journal of Nervous and Mental Disease, 1995

Pour bien des gens, le suicide est un moyen d’échapper à la souffrance.
Le suicide n’est généralement pas un moyen de trouver la mort. Le geste lui-même peut conduire à la mort, mais le but visé est d’échapper à une vie que le fardeau de la souffrance et de la douleur a rendue insupportable.

Un grand nombre des personnes qui songent au suicide préféreraient trouver un moyen de vivre.
Les pensées suicidaires font surface quand il n’est plus possible de continuer à mener la vie qu’on mène. Quelque chose doit changer. Une des solutions envisagées est de mettre fin à sa vie, mais il y a aussi une autre solution qui consiste à trouver une autre façon de vivre. La plupart des gens trouvent un autre moyen de s’en sortir. Le suicide n’est pas leur choix premier. Dans une entrevue réalisée avec une personne qui s’était jetée en bas d’un pont très haut, et avait survécu à sa chute, l’homme en question se rappelait avoir pensé en tombant qu’il avait pris la mauvaise décision et qu’en fait, il voulait vivre.
- Malone and others, Protective factors against suicidal acts in major depression: reasons for living, American Journal of Psychiatry, 2000

Moins d’un suicidé sur 5 laisse une note pour expliquer son geste.
Les personnes qui meurent par suicide laissent rarement des notes écrites ou d’autres messages. Si elles le font, c’est plus souvent pour dire qui doit ou ne doit pas être blâmé pour leur geste que pour fournir des explications sur ce qui les a motivées à passer à l’acte.
- McClelland, A last defence: The negotiation of blame within suicide notes, 2002

Enjeux sociaux

La richesse et le succès ne constituent pas une protection contre le suicide.
Cette question est très complexe. À l’échelle internationale, on détient des preuves que les milieux défavorisés sur le plan social ou qui offrent de moins grandes chances de réussite sont associés à des taux de suicide plus élevés. Il est établi par exemple que le taux de suicide est plus élevé chez les ouvriers agricoles que chez les professionnels; que les cols bleus se suicident davantage que les cols blancs, et que les groupes à faible revenu présentent un taux de suicide supérieur aux groupes à revenu plus élevé. Les secteurs occupés par des ménages moins fortunés semblent afficher en moyenne un taux de suicide plus élevé. Cependant les raisons pour lesquelles les gens vivent dans un secteur à faible revenu sont nombreuses, et beaucoup de ces raisons sont elles-mêmes liées au suicide. On peut s’attendre par exemple à ce que les personnes aux prises avec des troubles mentaux graves et chroniques se retrouvent dans des communautés à plus faible revenu. À quel facteur doit-on attribuer le taux de suicide dans ce cas? Au niveau de revenu ou bien à la maladie qui limite la capacité de la personne de gagner sa vie? Nul ne sait lequel de ces facteurs est la plus grande cause. Dans une autre étude récente, on a constaté que la dépression était quatre fois plus répandue dans les milieux pauvres. Lorsqu’un suicide se produit dans un tel milieu, quel facteur en sera la cause? La dépression ou la pauvreté—ou bien une combinaison des deux?
Voilà un exemple de sujet d’étude scientifique beaucoup plus vaste qui considère les mesures sommaires ou mesures d’impact associées à un comportement tel que le suicide comme si elles en étaient une des causes. Les véritables explications peuvent se trouver dans les facteurs qui mènent à la mesure d’impact ou même dans un facteur quelconque commun à la fois aux facteurs sous-jacents et à la mesure d’impact. Des méthodes statistiques très poussées sont nécessaires pour déterminer la contribution relative des différents facteurs. Très peu d’études permettent de tirer des conclusions définitives sur la contribution des facteurs individuels comme la situation économique. Il faudra beaucoup plus de travail pour arriver à comprendre par exemple l’influence de la situation socioéconomique de la personne comparativement aux nombreux autres facteurs associés au suicide.
Dans notre évaluation des facteurs de risque qui sonnent l’alarme d’une possibilité de suicide, la présence de ressources joue un rôle important. Les ressources financières doivent certainement être prises en considération, mais il existe de nombreux services de soutien pour la prévention du suicide qui sont accessibles aux personnes à risque quelle que soit leur situation financière. Il est peut-être vrai que le succès importe davantage que la richesse parce que l’obtention de résultats positifs tend à donner une vision optimiste ou prometteuse de la vie. Mais l’optimisme peut aussi être un trait de personnalité qui caractérise certaines personnes même aux prises avec des «échecs» apparents à répétition. Il semble donc incorrect de tirer des conclusion basées uniquement sur le succès sans connaître l’histoire derrière le succès. Il arrive qu’un premier échec après un enchaînement ininterrompu de réussites mène au suicide parce que la personne n’a jamais eu l’occasion d’acquérir dans sa vie les habiletés nécessaires pour surmonter le malaise ou la détresse provoqués par l’échec. En somme, nous croyons que le prétendu effet protecteur de l’aisance financière ou de l’influence sociale contre le suicide est une proposition dictée par la culture et non fondée. Il y a des familles (trop de familles) riches et influentes qui ont perdu certains des leurs à cause du suicide, comme dans tout autre milieu et toute autre couche de la société.
- Hawton and others, The influence of the economic and social environment on deliberate self-harm and suicide, Psychological Medicine, 2001

Les personnes qui ont des ennuis avec la justice peuvent être plus à risque que les autres.
Le suicide est la cause première de décès dans les prisons et les établissements correctionnels. Les suicides surviennent le plus fréquemment en prison ou dans un centre de détention provisoire—le premier point de contact avec la justice et le système judiciaire pour les contrevenants. Le suicide peut être relié aux sentiments personnels de honte et de déception associés au fait d’avoir enfreint la loi tout autant qu’à des caractéristiques de l’établissement lui-même. Le suicide en prison est un problème de taille dans presque toutes les communautés. L’importance de ce facteur de stress est mise en relief dans une étude réalisée en Alberta, où 14 % des suicidés dans une année donnée étaient en contact actif avec la justice ou le système judiciaire au moment de leur décès ou dans la période précédant leur décès. Le nombre de décès par suicide chez les personnes ayant été témoins ou victimes d’activités criminelles était encore plus troublant.
- Bonner, Correctional suicide in the year 2000 and beyond, Suicide and Life-Threatening Behavior, 2000

Des hausses du taux de suicide ont été constatées aussi bien dans les périodes de difficultés économiques que de prospérité.
Il peut être très tentant de proposer des explications fondées sur de simples associations des données «dures» ou numériques à notre disposition, mais ces explications seraient d’une utilité limitée pour nous aider à comprendre pourquoi les gens se suicident. Par exemple, les données historiques montrent que de nombreux pays ont enregistré une hausse considérable du taux de suicide chez les hommes, jusqu’à 108 % dans certains cas, pendant la Crise des années 30. Cette constatation a donné lieu à une croyance voulant que l’adversité ait tué les membres les plus faibles de la société, une sorte d’explication (ou de rationalisation plutôt) du principe de «survie des plus forts». Mais en dépit de ces hausses de suicides, la majorité des gens confrontés aux difficultés matérielles de l’époque n’ont pas mis fin à leurs jours pour autant. Toute tentative d’explication doit donc faire appel à d’autres facteurs en plus de l’économie en difficulté. Fait à noter, l’augmentation observée dans les années 1930 est relative aux décennies précédentes et suivantes, au cours desquelles se sont produits deux conflits mondiaux, des événements connus pour faire baisser le taux de suicide. La hausse de suicides notée dans les années 1930 n’était peut-être en fait qu’une mesure réelle du taux de suicide dans la population en temps normal.
Les périodes de prospérité économique indiquées par les indices de santé financière d’une économie tout entière peuvent avoir peu d’effets sur certaines villes et communautés qui nagent en plein marasme économique au milieu de ces temps prospères. Les regains de l’économie sont souvent réalisés au prix du délaissement d’anciennes communautés qui vivent d’industries âgées et dépassées. Ce phénomène était particulièrement évident pendant les années 1990, une période de grande effervescence dans le secteur industriel tandis que les exploitations agricoles étaient de plus en plus en faillite et laissées à l’abandon.
Lorsque des événements économiques favorables peuvent être isolés, il n’est pas rare de constater dans les nouveaux quartiers aisés avoisinants d’importants problèmes de suicide chez les jeunes et les conjoints à la maison. La fréquence accrue de suicides parmi les gagnants de gros lots à la loterie est un autre fait largement méconnu.
- Yang and others, Suicide and unemployment: Predicting the smoothed trend and yearly fluctuations, The Journal of Socio-Economics, 1992

Les taux de suicide sont plus élevés chez les sans-emploi.
Même si certaines études présentent des conclusions mixtes, les tendances à la hausse du chômage dans un pays sont statistiquement associées à une augmentation des suicides. Le chômage forcé est souvent signe de perte ou de modification des ressources tant financières que sociales. Les suicides chez les sans-emploi sont observés à deux moments: immédiatement après la perte d’emploi—en raison du stress causé par la honte et l’adaptation—et beaucoup plus tard quand les ressources sont épuisées et que l’espoir disparaît. La corrélation positive entre le chômage et le suicide est souvent plus forte chez les hommes que chez les femmes. Le chômage représente un stress qui peut signifier pour la personne une perte d’estime de soi, et qui peut entraîner des conséquences personnelles comme la dépression et le désespoir.
- Kposowa, Unemployment and suicide, Psychological Medicine, 2001

Le fait de travailler comme aidant ou intervenant ne protège pas contre le suicide.
Certaines occupations présentent un risque de suicide plus élevé que d’autres, mais pour des raisons différentes. Les médecins, pharmaciens et dentistes, parce qu’ils connaissent bien les médicaments et produits chimiques mortels et y ont accès, sont associés à un risque de suicide élevé. Les psychiatres et les membres du corps policier semblent aussi présenter un taux de suicide plus élevé, tout comme les femmes médecins. Plusieurs explications ont été proposées, et qui tournaient principalement autour de l’isolement personnel auquel sont exposés les gens qui occupent ce genre d’emplois. D’autres ont prétendu que les emplois axés sur le service aux autres sont plus susceptibles de présenter un risque à cause du niveau de stress intolérable provoqué par le manque de contrôle sur le comportement d’autrui combiné au sentiment de responsabilité à l’égard de ce comportement. Peu importe la véritable raison cependant, le rôle d’aidant ou d’intervenant n’offre aucune immunité ni protection particulière contre le suicide.
- Boxer and others, Suicide and occupation: A review of the literature. Journal of Occupational and Environmental Medicine, 1995

Nul n’est à l’abri du suicide du fait de son appartenance à une religion en particulier.
Depuis le début de l’ère moderne, les études sur le suicide font état de l’effet protecteur de l’appartenance à un groupe religieux. Le sentiment d’appartenance à un groupe, ainsi que la foi elle-même, offrent de l’espoir et une confiance dans l’avenir, deux antidotes contre le suicide. Il n’existe aucune preuve qu’une croyance ou un groupe religieux en particulier puisse offrir une protection individuelle meilleure qu’une autre, quoique certaines données récentes selon les pays indiquent que les hommes en particulier seraient protégés du fait de leur appartenance à une religion. Des données plus anciennes indiquaient un taux de suicide inférieur dans les pays occupés majoritairement par une population catholique romaine, mais comme elles étaient faussées par les croyances politiques et sociales de l’époque, il y a peu de chances que les décès par suicide furent correctement étiquetés ou identifiés. La sous-déclaration du nombre de suicides dans les nations catholiques est aujourd’hui un phénomène largement reconnu.

D’autres données laissaient entendre que les personnes de foi juive étaient moins portées à se suicider. Aujourd’hui, on attribue bien davantage ce constat aux liens sociaux et culturels étroits de la communauté juive qu’à toute pratique ou croyance religieuse particulière. Tous ces prétendus effets de la religion sur la réduction du taux de suicide sont finalement minimes.
- Kelleher and others, Religious sanctions and rates of suicide worldwide, Crisis, 1998

Groupes

Beaucoup de choses peuvent accroître le risque de suicide et la probabilité de gestes autodestructeurs. Les facteurs associés aux comportements suicidaires ont pour la plupart été reconnus et désignés dans les études de recherche. Le fait d’associer certains facteurs au suicide ne signifie pas qu’une personne ayant fait l’expérience d’un des facteurs en question deviendra nécessairement une personne à risque. Cela veut dire cependant qu’elle fait partie d’un groupe de personnes plus «vulnérables» ou plus à risque qu’une personne n’ayant jamais vécu cette expérience. Il n’existe aucun facteur de risque associé au suicide permettant de conclure à tout coup que chaque personne répondant à ce facteur devient automatiquement une personne à risque. Si l’association entre les deux événements était si forte, le facteur constituerait en fait un excellent prédicteur de comportement suicidaire. Une des raisons permettant d’expliquer l’absence totale de prédicteurs parfaits est que la capacité d’adaptation, le choix personnel et la volonté de demander de l’aide sont tous des éléments importants à prendre en considération pour estimer dans quelle mesure un événement ou une expérience prédispose une personne au suicide.

Dans tous les pays, le suicide est devenu une des principales causes de décès chez les jeunes adultes.
Dans tous les pays qui transmettent des données sur le suicide à l’Organisation mondiale de la santé, le suicide fait maintenant partie des trois principales causes de décès chez les jeunes adultes (personnes de 15 à 35 ans). Ce qui était jadis un problème surtout associé aux personnes âgées est maintenant très répandu parmi les jeunes dans le tiers de tous les pays.
- WHO, Facts and Figures about Suicide, 1999

Les gais et les lesbiennes peuvent être plus à risque que les autres.
Ce sujet fait l’objet de controverses depuis un certain temps. Il y a de nombreuses limites méthodologiques associées à la collecte de données sur le sujet en raison de l’absence quasi-totale de questions sur l’orientation sexuelle dans les sondages démographiques et de l’impossibilité d’extraire des données sur l’orientation sexuelle dans les registres de décès. Selon les résultats des recherches, les taux d’idéations suicidaires et de tentatives de suicide déclarées par les gais, les lesbiennes et les bisexuels, les hommes gais plus particulièrement, sont toujours sensiblement plus élevés, d’où l’hypothèse que le taux de suicide parmi ce groupe soit plus élevé que parmi la population hétérosexuelle. Autant les critiques que les partisans de cette thèse ont présenté à tort ces spéculations sur les taux de suicide comme des faits, ce qui a amplifié les doutes sur la validité des conclusions tirées par toutes ces recherches. Les plus récentes études de recherche, basées sur des méthodes d’échantillonnage plus représentatives et une analyse plus rigoureuse des données, confirment cependant les résultats antérieurs voulant que les membres de ce groupe soient considérablement plus à risque que leurs homologues hétérosexuels. L’information notée dans les registres de décès sur l’orientation sexuelle est encore trop limitée pour permettre d’établir des comparaisons directes au sujet du taux de suicide. En conséquence, cette conclusion demeure spéculative et non factuelle.
- Russell, Sexual minority youth and suicide risk, American Behavioral Scientist, 2003

Des enfants d’à peine 4 ans sont morts par suicide.
Ce fait troublant découle de données sur les empoisonnements accidentels, de certains rapports sur des cas d’enfants qui se sont blessés intentionnellement dans un véhicule automobile et sur la route comme piétons, et de très rares rapports de coroners établissant un verdict de suicide chez des jeunes enfants. Quoique les décès par suicide soient rares chez les enfants, les comportements suicidaires eux ne le sont pas et il semble que leur incidence soit à la hausse. Certaines personnes contestent la possibilité qu’un suicide puisse être commis par un enfant, en invoquant la théorie voulant qu’un enfant ne peut pas être tenu responsable de ses actes avant d’atteindre un certain âge légal (autour de 10 à 14 ans en général), parce qu’il n’est pas en mesure de comprendre la portée de son geste. Cela est particulièrement vrai dans le cas du suicide puisque les experts en développement de l’enfant affirment qu’il faut avoir atteint le développement intellectuel d’un enfant de 8 à 10 ans pour parvenir à comprendre la finalité de la mort.
- Pfeffer, Suicidal behavior in prepubertal children: From the 1980s to the new millennium, In Review of Suicidology, 2000

C’est dans le groupe des hommes d’âge adulte que survient le plus grand nombre de décès par suicide.
Du début de l’adolescence jusqu’à un âge extrêmement avancé, les hommes présentent un risque plus élevé de mort par suicide. Cette conclusion ressort dans toutes les cultures et tous les pays, sauf pour la Chine rurale et les jeunes femmes de certaines régions de l’Inde. Dans la plupart des mesures établies, les hommes sont de 3 à 8 fois plus susceptibles que les femmes de mourir par suicide, et constituent donc entre 75 % et 90 % de tous les suicidés. On a aussi remarqué plus récemment que les hommes semblent s’adonner plus souvent à des actes autodestructeurs, quoique ce comportement soit encore associé davantage aux femmes. Aucune explication satisfaisante n’a encore été avancée pour justifier le fait que ce groupe en particulier soit si nettement à risque.
- Canetto and Sakinofsky, The gender paradox in suicide, Suicide and Life-Threatening Behavior, 1998

Les mauvais traitements subis dans l’enfance peuvent accroître le risque de suicide plus tard.
La violence familiale et les sévices physiques dans l’enfance entraînent souvent des difficultés à l’âge adulte. Les expériences d’abus sexuels, surtout dans la relation mère-enfant, sont connues pour accroître le risque de suicide chez les deux sexes. Les femmes qui ont été victimes de mauvais traitements dans leur enfance courent un risque plus élevé de tentative de suicide.
- Dieserud and others, Negative life events in childhood, psychological problems and suicide attempts in adulthood, Archives of Suicide Research, 2002

Les problèmes de santé mentale augmentent le risque de suicide…
Certains professionnels considèrent les troubles de santé mentale et les maladies mentales comme une condition préalable au comportement suicidaire. Il est vrai que ces problèmes de santé se retrouvent plus fréquemment dans le vécu des personnes à risque que dans celui des personnes qui ne sont pas à risque. La puissance d’un

Votre formateur safeTALK vous a donné son nom et son numéro matricule. C’est une indication que votre formateur a suivi une formation standardisée, qu’il remplit ou a l’intention de remplir son obligation envers LivingWorks de présenter un nombre minimum d’ateliers safeTALK par année et qu’il prépare un rapport sur les formations qu’il donne. Les formateurs inscrits sur cette liste ont aussi accès à un soutien continu.

Votre atelier safeTALK doit normalement avoir duré au moins deux heures et demie. Il aurait dû y avoir entre 10 et 30 participants, quoique un minimum de 15 soit préférable. Il y a presque toujours sur place une personne-ressource de la communauté qui vous a été présentée au début de l’atelier.

On doit normalement vous avoir renseigné sur les ressources locales d’intervention face au suicide et avoir discuté de leur disponibilité dans votre communauté.

Vous devriez avoir vu deux versions de chacune des six scènes vidéo afin d’illustrer la différence entre un aidant vigilant et un aidant non vigilant.

Vous devriez avoir reçu la trousse d’information de safeTALK (voir l’image à droite), qui comprend un manuel de référence, une carte portefeuille, un autocollant et un certificat.

Vous devriez avoir le sentiment que votre formateur ou formatrice était bien préparé(e), qu’il ou elle encourageait la participation et prenaIt toutes les interventions des participants au sérieux.

Si on ne vous l’a pas dit, vous devriez savoir que les modestes profits réalisés par LivingWorks avec ce programme de formation servent principalement à compenser les coûts de développement initiaux et permanents du programme safeTALK amortis sur dix ans et à couvrir les coûts associés au soutien des formateurs et au maintien de la qualité. La totalité de ces coûts a été payée et financée par LivingWorks. Nous ne recevons pas de subsides ni de subventions gouvernementales, et ne bénéficions pas non plus d’avantages fiscaux.

Si vous avez des questions sur l’un ou l’autre de ces sujets, n’hésitez pas à les aborder avec votre formateur ou formatrice safeTALK. Il y a parfois d’excellentes raisons de faire des exceptions. Si vous ne réussissez pas à joindre votre formateur, faites-nous part de vos préoccupations et nous les lui transmettrons.

Vue d’ensemble de safeTALK

safeTALK est un programme de LivingWorks qui enseigne aux membres de la communauté à reconnaître les personnes qui ont des pensées suicidaires et à les mettre en contact avec des ressources d'intervention face au suicide. Ces techniques de vigilance face au suicide sont un complément aux compétences des intervenants spécialisés en suicide. safeTALK est notre réponse au besoin, identifié depuis longtemps, d’un programme pouvant être offert :

  • en moins d’une demi-journée
  • à des membres de la communauté ayant des expériences très diverses comme aidants
  • par un seul formateur à des groupes pouvant compter jusqu’à 30 participants

Les participants apprennent en quelques heures comment ils peuvent aider concrètement les personnes aux prises avec des pensées suicidaires. safeTALK les prépare à devenir des aidants alertes. Un aidant alerte :

  • sait que les occasions d’aider une personne qui pense au suicide sont parfois ratées, écartées et évitées.
  • veut que la personne qui pense au suicide lui lance un appel à l’aide.
  • sait reconnaître une personne qui a peut-être des pensées suicidaires.
  • incite la personne qui a des pensées suicidaires à parler directement et ouvertement de suicide.
  • écoute attentivement les sentiments exprimés par la personne au sujet du suicide pour lui montrer qu’il prend ses pensées suicidaires au sérieux.
  • connaît le nom et les coordonnées des ressources locales d’intervention en situation de suicide, agit rapidement pour mettre la personne qui a des pensées suicidaires en contact avec quelqu’un qui est en mesure d'intervention face au suicide.

Lorsqu’un aidant met en pratique les étapes de la démarche TALK (le dire, questionner, écouter et protéger) du programme safeTALK, il déclenche une alerte au suicide.

Le rôle de safeTALK dans une communauté prémunie contre le suicide

safeTALK a été mis au point pour enseigner des compétences qui complètent le travail effectué par les intervenants en suicide comme ceux ayant reçu la formation ASIST, un atelier de deux jours donné par LivingWorks. Les personnes formées pour appliquer la méthode safeTALK peuvent détecter et aider rapidement beaucoup plus de personnes à risque que ce que n’importe quelle communauté ne peut réussir à faire avec son seul noyau de personnes formées en techniques d’intervention face au suicide. Le jour où les personnes ayant reçu la formation safeTALK seront suffisamment nombreuses, on fera plus souvent appel aux services des personnes spécialisées en intervention face au suicide.

Les formateurs safeTALK doivent dresser l’inventaire des personnes ayant suivi la formation ASIST et des autres ressources en intervention face au suicide qui existent dans leur communauté, et vérifier leur disponibilité. Les participants à l’atelier safeTALK ont besoin de cette information pour savoir vers qui aiguiller les personnes aux prises avec des pensées suicidaires qu’ils détectent pour assurer leur sécurité. S’il appert que les ressources dans le domaine sont très rares dans la communauté ou que l’accès aux intervenants spécialisés en suicide est restreint, il est absolument nécessaire d’insister sur ce point pendant l’atelier. En présence de ressources d’aide limitées, on peut s’attendre à ce que les communautés soient également dépourvues de personnes alertes face au suicide et que le seul service d’aide se limite souvent à une ligne d’écoute téléphonique. Dans un milieu de ce genre, on peut quand même recourir au programme safeTALK pour former des personnes alertes face au suicide et sensibiliser la communauté au fait qu’elle a aussi besoin de ressources d’intervention facilement accessibles en cas de risque suicidaire.

 Dressez une liste des ressources. Communiquez avec l’une d’entre elles pour l’informer de ce que vous allez apprendre et enseigner. Essayez de voir comment elle peut vous épauler. Choisissez une ressource à laquelle vous feriez appel en cas de besoin.

Critères d’admissibilité

Même si le curriculum du programme safeTALK est suffisamment structuré et détaillé pour garantir un haut degré de satisfaction chez les participants, les compétences du formateur et, plus important encore peut-être, son attitude sont d’une importance cruciale. L’information suivante sur les critères d’admissibilité pourra vous aider à prendre une décision quant à votre désir de devenir un formateur safeTALK.

Vous devriez répondre aux critères suivants :

  • vous avez déjà suivi l’atelier ASIST;
  • vous êtes un habile présentateur ou une habile présentatrice;
  • vous possédez de bonnes aptitudes pour l’animation de groupe;
  • vous maîtrisez bien le logiciel PowerPoint*, pour le cas où vous aimeriez personnaliser votre exposé;
  • vous avez la conviction que c’est en parlant franchement et ouvertement du suicide qu’on peut aider à le prévenir.

L’atelier safeTALK se donne principalement sous forme d’exposé magistral, mais une grande partie du matériel peut être présenté par un coformateur sur vidéo, que le formateur a le loisir d’utiliser en tout ou en partie. Le formateur qui choisit d’avoir abondamment recours au coformateur sur vidéo a la possibilité d’exploiter davantage ses talents d’animateur, à condition de veiller à ce que toute la matière soit couverte dans la période de trois heures. En revanche, quand le coformateur est peu utilisé ou pas du tout, ce sont les techniques de présentation du formateur qui prennent plus d’importance.

En tant qu’intervenant ou formateur ASIST, vous vous y connaissez déjà en matière d’intervention. Plus vous en savez sur les techniques d’intervention, mieux c’est. Sachez cependant que seul un sous-ensemble très limité et fortement structuré du bagage de connaissances en intervention peut être enseigné dans le cadre du programme safeTALK. Vous devez comprendre ce que le programme safeTALK peut faire et ne peut pas faire. Apprendre à adapter ses propres connaissances en intervention aux objectifs du programme safeTALK représente un défi important à relever pour les personnes qui s’y connaissent beaucoup en intervention.

*La version standard de safeTALK est fournie avec la matériel de présentation sur un DVD verrouillé contenant les vidéoclips standard et deux versions possibles : celle avec le coformateur et celle sans le coformateur. Ce DVD peut être utilisé avec n’importe quel lecteur DVD ou ordinateur doté d’un lecteur DVD. Vous pouvez également vous procurer un disque, vendu à part au coût de 50 $, qui contient une version de la présentation en format PowerPoint que vous pourrez personnaliser. Cette version vous permet d’utiliser d’autres vidéoclips provenant d’une vidéothèque en constante évolution et de choisir les parties du coformateur que vous désirez utiliser. Cette option requiert cependant de votre part une bonne maîtrise de PowerPoint et de votre ordinateur. NOTE: La version PowerPoint est disponible en anglais seulement à ce moment

Exercez-vous à faire des simulations d’intervention auprès d’une personne qui pense au suicide avec des personnes qui vous aident à vous préparer. Un formateur safeTALK doit être disposé, prêt et capable d’intervenir au besoin.

 Le programme safeTALK enseigne certaines hypothèses fondamentales à propos du suicide auxquelles les formateurs doivent adhérer :

  • Aussi tragique que puisse être leur issue, les raisons qui poussent une personne à penser au suicide sont compréhensibles.
  • Le suicide n’est pas une maladie mentale.
  • La majorité des personnes aux prises avec des pensées suicidaires veulent rester en vie.
  • La plupart des gens qui pensent au suicide prennent des moyens directs ou indirects pour faire comprendre aux autres qu’ils ont besoin d’aide pour vivre.
  • Les personnes qui pensent au suicide seraient plus nombreuses à demander de l’aide directement si les gens étaient moins nombreux à avoir des préjugés à propos du suicide ou à en avoir peur.
  • Le fait de parler ouvertement, directement et avec aisance du suicide est la clé pour amener les gens à se montrer plus ouverts, directs et à l’aise pour faire face au suicide.
  • La plupart des gens qui pensent au suicide ne vont pas s’enlever la vie ni se blesser, et ils seraient encore moins nombreux à le faire avec de l’aide.
  • Le meilleur moyen de détecter une personne qui pense au suicide est de lui poser directement la question au sujet de ses pensées.
  • En demandant à une personne si elle a des pensées suicidaires, on ne risque pas de lui donner l’idée de se suicider si elle n’y pensait pas déjà.
  • Ce n’est pas en parlant avec quelqu’un d’autre de ses pensées suicidaires que vous deviendrez vous-même plus à risque de suicide.
  • Toutes les personnes qui ont des pensées suicidaires devraient être prises au sérieux.

Exercez-vous à déclarer ces hypothèses à voix haute à des personnes de votre entourage comme si elles étaient des participants à votre séance de formation safeTALK.

Votre foi dans ces hypothèses pourrait être mise sérieusement à l’épreuve quand vous allez présenter l’atelier safeTALK. Le simple fait d’adhérer à ces hypothèses ne suffit pas. Vous devez mettre toute votre confiance dans la sagesse qu’elles dégagent en plus d’avoir confiance que les participants sauront reçonnaître cette sagesse. Une assurance calme et patiente est une attitude cruciale pour l’apprentissage par les participants des messages clés de safeTALK.

Vos obligations après la Formation des formateurs safeTALK (FDF)

Formateur provisoire

  • Après avoir terminé avec succès votre FDF, vous avez le statut de formateur provisoire de safeTALK. (La nature provisoire de votre statut comme formateur s’applique uniquement à la documentation interne de LivingWorks.)
  • Vous devez donner avec succès trois séances de formation safeTALK à un minimum de 10 participants dans chaque cas—15 est le minimum recommandé—dans un délai d\'un an suivant la FDF pour obtenir votre certificat de formateur safeTALK. Si vous donnez votre séance de formation avec un autre formateur safeTALK, chacun de vous devrez avoir présenté toutes les parties de la formation au moins une fois.

Liste des formateurs

  • Les formateurs safeTALK doivent donner au moins deux formations safeTALK par année pour conserver leur statut. À défaut de remplir cette exigence, votre statut de formateur safeTALK deviendra automatiquement invalide dans notre base de données.
  • Avantages d’être inscrit sur la liste : En tant que formateur safeTALK, votre nom ou votre numéro matricule (à votre choix) sera affiché sur notre site Web avec de l’information sur ce que les participants peuvent attendre d’un atelier de formation safeTALK. Il est bon de partager cette information avec les participants pour les aider à comprendre que vous faites partie d’une importante organisation soucieuse d’assurer un contrôle de la qualité. Les formateurs qui sont l’objet de plaintes non résolues de la part des participants seront rayés de cette liste. Les formateurs ont accès à un site sécurisé où ils peuvent poser des questions et obtenir des réponses, soumettre les dates de leurs prochaines séances de formation et déclarer les formations données. Ils reçoivent aussi un bulletin de nouvelles (à raison de trois ou quatre parutions par année) et sont récompensés à certaines étapes importantes de leur carrière comme formateur.
  • Réinscription sur la liste : Si vous avez déjà obtenu le statut de formateur, vous pouvez faire une demande pour récupérer ce statut si celui-ci est périmé depuis moins de 12 mois, à condition de présenter trois formations safeTALK dans l\'année qui suit. Vous devrez acheter au prix coûtant les mises à jour du matériel de formation, le cas échéant, et payer des droits de réinscription de 50 $. Votre statut de formateur safeTALK vous sera retiré si vous ne remplissez pas les exigences relatives à la réinscription.

Commande de matériel

  • Vous avez l’obligation de commander et d’utiliser les trousses d\'information de safeTALK pour chaque séance de formation safeTALK que vous donnez. Chaque participant à safeTALK reçoit une carte portefeuille en guise d’aide-mémoire des étapes de la démarche TALK, deux autocollants réutilisables servant à identifier le participant comme une personne désireuse et capable d’aider, un manuel de référence de 24 pages et un certificat. La trousse vendue en paquet de 100 coûte 6,50 $ l’unité; le prix unitaire grimpe à 7,50 $ pour les plus petites commandes.
  • Revenus générés par la vente du matériel : Les profits réalisés par LivingWorks servent principalement à compenser les coûts de développement initiaux et permanents du programme safeTALK amortis sur dix ans, les coûts de production du matériel et les coûts associés au soutien des formateurs. La totalité de ces coûts a été payée et financée par LivingWorks. Le programme ne bénéficie d’aucun subside, d’aucune subvention de l’État ni d’avantages fiscaux.

Inscription à la formation

  • Peu importe que la séance de formation safeTALK que vous allez donner soit ouverte et accessible à tous les membres de la communauté, ou bien restreinte à un groupe particulier déjà au complet, vous DEVEZ en inscrire la date sur le site Web de LivingWorks dès qu’elle a été fixée.

Obligation de rendre compte

  • Vous avez L’OBLIGATION de remplir un rapport du formateur sur le site Web de LivingWorks après chaque atelier donné. Conservez les fiches de commentaires des participants de vos cinq dernières séances de formation. LivingWorks peut demander à les voir et vous pourriez devoir les soumettre si vous souhaitez devenir instructeur pour le programme safeTALK.

Normes de présentation

  • safeTALK est un programme standardisé qui peut être adapté aux besoins de la clientèle. Il doit être présenté conformément au manuel, au cours de FDF et au matériel personnalisé qui a été approuvé. Par contre, certains éléments de votre propre style peuvent trouver leur place à l’intérieur de ce standard. Vous devez toujours utiliser la version la plus récente du matériel de safeTALK. Des améliorations sont apportées au programme safeTALK de temps à autre. En tant que formateur inscrit sur la liste, vous pourrez soit télécharger ces améliorations sans frais ou acheter la mise à jour au prix coûtant, frais de manutention et d’expédition en sus. Si des changements sont apportés au matériel à l’usage des participants et qu’il vous reste une provision de l’ancienne version, vous pourrez l’écouler avant d’utiliser le nouveau matériel.
  • Durée de l’atelier : L’atelier safeTALK dure moins d’une demi-journée. Quelle que soit la formule choisie, toutes les formations doivent se dérouler en une seule journée.
  • Nombre de participants : Le nombre de participants ne doit pas dépasser 30 ni être inférieur à 10. Le nombre idéal est 15.
  • Personne-ressource en soutien communautaire : Il est recommandé d’avoir une personne-ressource en soutien communautaire à votre disposition pendant toutes les formations que vous donnez. Cette personne prendra la relève auprès des participants qui pourraient avoir des pensées suicidaires ou manifester des problèmes reliés à un deuil non résolu.

Vue d'ensemble de la Formation des formateurs safeTALK (FDF)

Exigences logistiques: Les candidats doivent compléter les formalités d’inscription et fournir une adresse courriel au moins une semaine avant la date de la FDF. Tout le matériel destiné aux formateurs sera distribué au moment du cours.

Vous pouvez vous attendre à vivre au cours de la FDF une expérience semblable à celle que vous avez vécue lors de n’importe quel autre programme de LivingWorks. On mettra l’accent sur la création d’un climat d’apprentissage positif, l’encouragement d’une discussion franche et honnête, le respect des différences, l’entraide et la participation active. Vous pouvez vous attendre également à ce que ce soit un exercice exigeant qui insiste sur le sérieux du suicide et sur le rôle que vous pouvez jouer pour créer une communauté prémunie contre le suicide.

La Trousse du formateur que vous recevrez à la FDF comprend ce qui suit :

  • deux versions verrouillées et actionnées par commande à distance des diapos de la formation safeTALK (la version avec le coformateur et celle sans le coformateur);
  • des outils additionnels pour vous aider à démarrer et à évaluer vos progrès;
  • de l’information sur le site Web pour avoir accès à divers formulaires ainsi qu’une panoplie de dépliants et de documents d’information.

Jour un de la FDF

  • Matin: Les aspirants-formateurs observent une véritable formation safeTALK et y participent.
  • Après-midi: Les aspirants-formateurs étudient et se préparent à présenter la partie de safeTALK qui leur a été attribuée.

Jour deux de la FDF

  • Matin: Les aspirants-formateurs assistent à une démonstration annotée de safeTALK pour intégrer tout ce qu’ils ont appris au sujet du processus de formation.
  • Après-midi: Les aspirants-formateurs présentent la partie de safeTALK qu’ils ont préparée au cours du Jour un comme s’ils donnaient une vraie formation safeTALK. Les autres agissent comme s’ils étaient des participants à la formation. La FDF se termine par une récapitulation et une anticipation du premier atelier safeTALK donné par un nouveau formateur, incluant quelques conseils concernant l’organisation, l’utilisation des moyens technologiques et les politiques et procédures que tous les formateurs safeTALK sont tenus de respecter.

Après la FDF

Chacun de leur côté, les aspirants-formateurs continuent à faire des lectures et à se préparer en vue de la première formation safeTALK qu’ils vont donner.

Auto-sélection

Présentation d’une demande et contrat : La lecture du présent document et l’acceptation des engagements énoncés dans le formulaire de demande ci-joint constitue l’une des étapes primordiales pour devenir un aspirant-formateur de safeTALK. S’il y a lieu, la signature de votre employeur est également requise. Votre signature et la signature de votre employeur sur le formulaire de demande constituent une preuve d’acceptation des engagements pris par le formateur safeTALK. On vous demandera également de signer un contrat au contenu similaire à la fin de la FDF. La qualité, l’engagement individuel et l’appui de l’employeur sont trois éléments pris très au sérieux par LivingWorks. Nous voulons que vous compreniez pleinement ce qu’on attend de vous en tant que formateur safeTALK pour LivingWorks.

Prendre la bonne décision : Si la chose est possible, nous vous recommandons fortement d’assister à un atelier safeTALK et/ou d’agir comme personne-ressource en soutien communautaire lors d’un atelier safeTALK avant de présenter une demande. Dès que vous connaîtrez la date de votre FDF, fixez la date de votre premier atelier safeTALK comme formateur dans le mois suivant la fin de votre formation. La corrélation entre l’établissement au préalable de la date de votre première formation et vos chances de succès est tellement forte que nous vous recommandons de ne pas suivre la FDF tant que vous n’avez pas fixé la date de votre premier atelier safeTALK. Lorsqu’un candidat décide qu’il ne veut pas devenir formateur, seul le coût du matériel peut lui être remboursé. Ce matériel doit être retourné à LivingWorks. Réfléchissez bien avant de prendre une décision. Ne vous laissez pas convaincre de suivre la FDF si vous ne sentez pas que le rôle de formateur safeTALK vous convient.

Pendant la formation safeTALK, vous pouvez avoir une influence très positive sur l’apprentissage des participants et, par moments, les aider à entrer en contact avec leurs émotions et les expériences qu’ils n’ont peut-être pas complètement intégrées. À l’extérieur de safeTALK, vous allez devenir un symbole du besoin de parler ouvertement, franchement et directement de suicide au sein de votre organisme et de votre communauté. La plupart des gens de votre organisme et de votre communauté vont apprécier le fait que ce message soit mis en évidence. D’autres risquent de s’en offusquer. Discutez avec une personne qui vous appuie dans votre démarche de ce que pourrait être le rôle d’un formateur safeTALK dans votre communauté ou votre organisme.

Rétroaction de l’instructeur

Dans les trois semaines suivant votre FDF, vous allez recevoir une rétroaction de la part de votre instructeur, qui vous sera acheminée par LivingWorks. Cette rétroaction consiste généralement à offrir des idées et des suggestions en vue des premiers ateliers de formation que vous donnerez. Votre instructeur pourrait aussi vous suggérer d’acheter des services de consultation ou de soutien technique. Avant de suivre la FDF et jusqu’à trois mois après la formation, vous avez la possibilité d’acheter des services de consultation en plus du soutien que vous recevez en tant que formateur accrédité (allez relire la section sur les avantages offerts aux formateurs, ci-dessus). Ce service vous donne accès à 90 minutes de consultation avec un instructeur et formateur safeTALK d’expérience lors d‘un maximum de trois appels téléphoniques, au coût de 100 $. Les frais de communication sont à votre charge.

Il pourrait arriver que l’instructeur vous recommande de trouver une autre manière de contribuer à la prévention du suicide. Dans un tel cas, on vous offrira de vous rembourser le coût du matériel si vous le retournez à LivingWorks. En de très rares occasions, un instructeur peut décider qu’il ne peut en toute conscience autoriser quelqu’un à poursuivre la FDF parce qu’il a la conviction que cette personne pourrait nuire soit à la réputation du programme safeTALK, soit aux participants à un atelier safeTALK qu’elle donnerait. Toutes les personnes présentes à la FDF se rendraient vraisemblablement compte du problème également, car il est question ici d’un candidat ou d’une candidate affichant ouvertement un manque de respect pour autrui ou qui dénature carrément les messages fondamentaux véhiculés par safeTALK. Dans ce cas, le matériel du cours doit obligatoirement être rendu pendant la FDF.

La rétroaction que votre instructeur essaiera de vous donner au sujet de votre participation à la FDF s’articule autour de la démarche TALK.

Le dire (Tell) : Est-ce que le candidat s’exprime ouvertement et directement pour présenter le contenu de l’atelier? Est-il facile à comprendre? Est-ce que ses commentaires transmettent bien son adhésion aux croyances fondamentales du programme?

Questionner (Ask) : Est-ce que la candidate pose ses questions d’une façon directe qui encourage une discussion ouverte sur le suicide?

Écouter (Listen) : Est-ce que le candidat se montre ouvert, respectueux et engageant dans sa façon d’écouter pour encourager les participants à poser leurs questions, à faire des commentaires et à exprimer leurs inquiétudes?

Protéger (KeepSafe) : Est-ce que la candidate aide les participants à connaître les ressources de protection et favorise la création de liens avec d’autres aidants et entre les différents aidants dans la communauté? Est-ce qu’elle interagit avec les participants et anime l’atelier de sorte à promouvoir la sécurité, l’ouverture et l’espoir de créer une communauté prémunie contre le suicide?

Il vous faudra investir du temps et de l’énergie pour devenir un bon formateur safeTALK. Mais le jeu en vaut la chandelle. safeTALK peut vous rendre au centuple tous les efforts que vous y consentez.

Additional Reading